Le match d’une vie

Le Matin Dimanche - - COUPE DU MONDE -

On ap­pelle ça la der­nière marche; celle qu’il ne faut man­quer à au­cun prix, tant le coût s’avère grand. La France le sait, qui a «l’avan­tage» d’avoir per­du la fi­nale du der­nier Eu­ro chez elle, bles­sure dont elle se ser­vi­ra. Rayon plaies du pas­sé, la Croa­tie pos­sède aus­si ses res­sorts puis­qu’elle garde en tra­vers de la gorge les deux buts de Li­lian Thu­ram qui avaient bri­sé le rêve en de­mi-fi­nale voi­ci vingt ans, face à cette même France.

Une fi­nale de Coupe du monde, c’est le match qui peut mo­di­fier la cou­leur d’une exis­tence. «Le plus beau mo­ment de nos vies», a ré­su­mé hier Zlat­ko Da­lic, coach de la sé­lec­tion à da­miers. Au­cun pro­blème de motivation à ce stade, évi­dem­ment. Les coeurs se­ront gon­flés à bloc. Reste à sa­voir si les nerfs tien­dront le choc, comment les jambes tour­ne­ront, no­tam­ment cô­té croate, où l’on a dé­jà beau­coup pio­ché dans les ré­serves.

Et la tête, dans tout ça? Les Bleus ont dé­mon­tré, quitte à fâ­cher la Bel­gique et tous les apôtres du beau jeu, à quel point l’in­tel­li­gence tac­tique et la ri­gueur étaient dé­ci­sives. La France du si prag­ma­tique Di­dier Des­champs, op­po­sée à une équipe croate très bien do­tée sur le plan tech­nique (Mo­dric, Ra­ki­tic, Pe­ri­sic…), ne de­vrait pas avoir peur de lui lais­ser l’ini­tia­tive – à condi­tion que celle-ci ac­cepte de l’en­dos­ser. Match fer­mé? Peut-être bien. Car, lors­qu’il s’agit de s’ou­vrir les portes du pa­ra­dis, les grilles de l’en­fer ne sont ja­mais loin. S. M., MOS­COU

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