Les ap­pels à l’aide de Suisses in­car­cé­rés à l’étran­ger ex­plosent

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Les ci­toyens suisses qui voyagent ou vivent à l’étran­ger sol­li­citent sou­vent les ser­vices de pro­tec­tion consu­laire. En dix ans, les de­mandes d’aide ont aug­men­té de 80%.

Main­te­nant que l’état d’ur­gence est le­vé en Tur­quie, plu­sieurs bi­na­tio­naux hel­vé­ti­co­turcs, em­pê­chés de ren­trer, pour­ront sans doute quit­ter le pays. Même si ces évé­ne­ments-ci sortent de l’or­di­naire, le Dé­par­te­ment des af­faires étran­gères (DFAE) est ré­gu­liè­re­ment confron­té à des ci­toyens hel­vé­tiques em­pê­trés dans des dif­fi­cul­tés à l’étran­ger. Chaque se­maine, cinq Suisses sont em­pri­son­nés de par le monde. La plu­part ne sé­journent pas dans des pays exo­tiques mais plu­tôt chez nos voi­sins: sur les 204 per­sonnes ac­tuel­le­ment in­car­cé­rées à l’étran­ger, il y en a 22 en France et 20 en Al­le­magne, 17 en Es­pagne, 12 en Thaï­lande, 11 en Ita­lie et 10 aux États-unis.

En 2017, 245 ci­toyens suisses ont fi­ni en pri­son à l’étran­ger. Mais ils ne res­tent sou­vent que peu de temps der­rière les bar­reaux. Contrai­re­ment à une idée ré­pan­due, les condam­nés ne passent pas une par­tie de leur peine en Suisse. Le por­te­pa­role du DFAE Pierre-alain Elt­schin­ger pré­cise par écrit que «la grande ma­jo­ri­té de ces per­sonnes purgent leurs peines ou autres me­sures coer­ci­tives en­tiè­re­ment à l’étran­ger». Une Le nombre de Suisses ac­tuel­le­ment in­car­cé­rés à l’étran­ger. me­sure ne dure par­fois que quelques heures. Dans de rares cas, une peine à per­pé­tui­té est pro­non­cée.

Di­vers mo­tifs d’ar­res­ta­tion

La consom­ma­tion de drogue passe pour le mo­tif d’ar­res­ta­tion le plus ré­pan­du. Il n’en est rien. Au­jourd’hui, 64 Suisses sur les 204 en cel­lule ont com­mis un tel dé­lit. Cer­tains ont per­pé­tré des in­frac­tions contre le pa­tri­moine, en­ten­dez vols à main ar­mée ou cam­brio­lages. D’autres en­core ont contre­ve­nu aux dis­po­si­tions sur la du­rée du sé­jour ou sont re­te­nus à cause d’une de­mande d’ex­tra­di­tion.

Sou­cieux de pré­ser­ver la sphère pri­vée, le DFAE ne four­nit pas plus de dé­tails. En consul­tant les ar­chives des jour­naux, on peut tou­te­fois dé­ter­mi­ner quelques rai­sons ayant conduit des Suisses en pri­son. Ce prin­temps, un in­gé­nieur hel­vé­tique a été ar­rê­té à Rome car il avait dé­ve­lop­pé un sys­tème an­ti­drone consi­dé­ré comme ma­té­riel de guerre. Il y a quelques se­maines, un Suisse a été ar­rê­té pour pé­do­por­no­gra­phie en Thaï­lande. Un autre qui­dam y a pas­sé des mois en pri­son pour avoir fu­mé une eci­ga­rette en pu­blic.

En gé­né­ral, les Suisses loin de la pa­trie s’adressent de plus en plus sou­vent aux ser­vices du DFAE: en 2017, 832 ci­toyens ont sol­li­ci­té une aide consu­laire. Une aug­men­ta­tion de 80% en dix ans due sur­tout au fait que des plus en plus de gens voyagent ou vivent à l’étran­ger. TINA HUBER

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