Le­wis Ha­mil­ton face à l’in­cer­ti­tude du sport

Le Matin Dimanche - - SPORTS -

Le sport au­to­mo­bile n’a ja­mais comp­té par­mi les sciences exactes, et cette sai­son 2018 semble une nou­velle fois l’illus­trer au dé­tri­ment de Le­wis Ha­mil­ton. De­puis le dé­but de l’exer­cice, le tan­dem for­mé par le Bri­tan­nique et sa Mer­cedes semble dif­fi­cile à battre. Un châs­sis W09 par­fai­te­ment équi­li­bré, un mo­teur comp­tant par­mi les meilleurs du pla­teau (avec le V6 Fer­ra­ri) et un qua­druple cham­pion du monde au som­met de sa forme: sur le pa­pier, tout était réuni pour que le Bri­tan­nique dé­croche son cin­quième titre mon­dial cette sai­son.

Mais c’était comp­ter sans la forme ex­cep­tion­nelle des Fer­ra­ri, sans la mal­chance ve­nue dé­railler la ma­chine à ga­gner Mer­cedes, et sans quelques er­reurs de tac­tique conster­nantes. En Chine et en Autriche, les stra­tèges de Mer­cedes ont man­qué les op­por­tu­ni­tés de chan­ger les pneus alors que la course était neu­tra­li­sée. Au Ca­na­da, le mo­teur du Bri­tan­nique a sur­chauf­fé. Et en Autriche, ce der­nier a connu une panne de pres­sion d’es­sence.

Chez Fer­ra­ri, on a pro­fi­té de ces faux pas, tout comme on va es­sayer de ti­rer avan­tage du pro­blème sur­ve­nu hier. Alors qu’il es­sayait de si­gner un der­nier chro­no en Q1, le sys­tème hy­drau­lique de la W09 de Le­wis Ha­mil­ton a lâ­ché d’un coup. Sans di­rec­tion as­sis­tée, sur­pris, le pi­lote est sor­ti de route au pre­mier vi­rage, pas­sant sur le vi­breur et en­dom­ma­geant sa boîte de vi­tesses. Ar­rê­tant sa voi­ture au bord de la piste, le Bri­tan­nique a d’abord vai­ne­ment es­sayé de la pous­ser pour re­joindre son stand et conti­nuer les qua­li­fi­ca­tions. Im­puis­sant, il s’est alors ef­fon­dré à cô­té de son cock­pit.

Se­bas­tian Vet­tel ne s’est pas fait prier pour s’em­pa­rer de la pole po­si­tion. Il vi­se­ra la vic­toire, cet après-mi­di, his­toire de pro­fi­ter des en­nuis de son ri­val pour aug­men­ter son avance. «Je suis ter­ri­ble­ment dé­çu, lâ­chait le Bri­tan­nique. Parce que lors­qu’on se bat pour le cham­pion­nat de ma­nière aus­si ser­rée que cette an­née, on ne peut pas se per­mettre une jour­née comme celle-là. Quand la voi­ture s’est ar­rê­tée, je ne vou­lais pas y croire. Mon coeur me di­sait que je pou­vais ra­me­ner la voi­ture, qu’on pour­rait la ré­pa­rer et re­par­tir. Je le vou­lais tel­le­ment. Quand toute l’équipe tra­vaille si dur et que la voi­ture lâche si tôt pen­dant les qua­li­fi­ca­tions, c’est un choc. C’est comme si votre coeur fon­dait d’un coup.» Pros­tré pen­dant plu­sieurs mi­nutes à cô­té de sa ma­chine, Le­wis Ha­mil­ton s’est sou­ve­nu hier que le sport au­to­mo­bile ne fait pas par­tie des sciences exactes. LUC DOMENJOZ, HOCKENHEIM

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