Un dé­bat vieux de seize siècles dans l’église ca­tho­lique

Le Matin Dimanche - - ACTEURS -

Les Églises d’orient conti­nuent de pra­ti­quer l’or­di­na­tion d’hommes ma­riés comme dans les pre­miers temps du chris­tia­nisme. Rome a dé­fi­ni­ti­ve­ment fer­mé la porte à cette pos­si­bi­li­té lors de la ré­forme gré­go­rienne du XIE siècle. Le prin­cipe du cé­li­bat sa­cer­do­tal a été af­fir­mé dès le concile d’el­vire, en 306, mais la pra­tique a été to­lé­rée pen­dant plu­sieurs siècles. Le cé­li­bat a par la suite été confir­mé lors des Concile de Trente, au XVIE siècle et de Va­ti­can II (1962-1965). Mais il n’est pas ex­clu que l’église de Rome re­vienne sur cette in­ter­dic­tion: le pape Fran­çois a dé­cla­ré l’an der­nier qu’il faut «y ré­flé­chir» et que ce se­rait peut-être «utile». Il a évo­qué plu­sieurs fois la pos­si­bi­li­té d’or­don­ner des vi­ri pro­ba­ti: une ex­pres­sion la­tine dé­si­gnant des hommes ma­riés im­pli­qués dans l’église. Le pré­cé­dent sou­ve­rain pon­tife, Be­noît XVI, avait dé­jà pré­ci­sé que le cé­li­bat des prêtres dans l’église n’est pas un dogme, mais une règle dis­ci­pli­naire. Ces dé­cla­ra­tions se heurtent à de nom­breuses ré­sis­tances dans le monde ca­tho­lique. Cer­tains es­timent une telle évo­lu­tion peu utile: «Des re­li­gions qui au­to­risent le ma­riage de leurs rab­bins, prêtres, pas­teurs, imams ren­contrent les mêmes pro­blèmes de re­cru­te­ment no­tam­ment parce que ces fonc­tions ne sont pas va­lo­ri­sées so­cia­le­ment», com­men­tait ré­cem­ment le ma­ga­zine «Fa­mille chré­tienne».

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