Au­tour de la «Boo­ba­sphère» tournent les quatre fa­milles du rap fran­çais

Le hip-hop hexa­go­nal do­mine les ventes de disques et est au­jourd’hui le deuxième du monde après les États-unis. Tour d’ho­ri­zon alors que deux de ses ca­dors dorment en pri­son pré­ven­tive.

Le Matin Dimanche - - PEOPLE - CHRISTOPHE PAS­SER

La ba­garre entre les clans de Boo­ba et Kaa­ris, pontes du rap fran­çais, à l’aé­ro­port d’or­ly, au sud de Pa­ris (lire «Le Ma­tin Di­manche» du 5 août), les a conduits pour quelques se­maines en pri­son pré­ven­tive, avant un pro­cès pré­vu le 6 sep­tembre. L’af­faire a mis aus­si en lu­mière la bonne san­té du hip-hop fran­çais, qui s’est dé­ve­lop­pé en plu­sieurs écoles de­puis l’ir­rup­tion dans les an­nées no­nante des ta­lents de MC So­laar (le poète), et des groupes IAM (les gang­stas mul­ti­kul­ti) et NTM (les brutes ban­lieu­sardes): de ces trois pion­niers est né ce qui fait en­core au­jourd’hui l’ac­tua­li­té du rap hexa­go­nal, qui de­meure, à éga­li­té avec ce­lui des Bri­tan­niques, le se­cond mar­ché du genre dans le monde après les États-unis. Il au­ra fal­lu la ma­chine pop Ed Shee­ran pour em­pê­cher So­pra­no d’être le plus gros ven­deur de disques en 2017, avec plus de 500 000 co­pies écou­lées de son al­bum «L’eve­rest». Ce­la dans un clas­se­ment ou le hip-hop trus­tait les pre­mières po­si­tions: la moi­tié du top 10 fran­çais était consti­tuée de rap­peurs.

Co­existent ain­si des fa­milles de style, qui se croisent, se toisent ou dé­goisent les unes sur les autres. Modes et étoiles passent, car la créa­ti­vi­té du rap fran­çais reste en ex­pan­sion. Sur notre ta­bleau au­raient ain­si pu se re­trou­ver Ke­ry James et Doc Gy­né­co (un peu per­dus de vue), ou le jeune Nin­ho, Big­flo et Oli, Yous­sou­pha, La­crim, Nis­ka, Jul, etc. Mais fal­lait faire sa place, pour un blaze dans notre carré d’as.

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