Les vi­sites de La­ra Gut au camp de la Na­ti sont pas­sées pour un trai­te­ment de fa­veur

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL - VA­LON BEH­RA­MI Joueur de l’équipe de Suisse

«Va­lon Beh­ra­mi? Quand on a du ca­rac­tère sur le ter­rain, on en a aus­si en de­hors.» Ain­si s’ex­prime l’un de ses an­ciens en­traî­neurs, sou­cieux de ne pas en dire da­van­tage dans le contexte «brû­lant et sen­sible» de l’après-coupe du monde. S’il est un homme qui in­carne l’été meur­trier du foot suisse, c’est bien lui, Va­lon Beh­ra­mi. Homme de confiance du coach en Rus­sie, au­teur d’un mar­quage mé­mo­rable sur Ney­mar, il est pour­tant écar­té de la sé­lec­tion. «Pro­vi­soi­re­ment», dit une ver­sion of­fi­cielle lar­ge­ment contes­tée.

Avec ses ge­noux qui grincent, Beh­ra­mi a tout don­né. «Car il n’a qu’un seul club, c’est l’équipe de Suisse, jure un confrère tes­si­nois. Il a tou­jours tout don­né pour le maillot rouge à croix blanche.»

Que s’est-il donc pas­sé pour que, le 6 août der­nier, Pet­ko­vic et son vice-ca­pi­taine aillent au clash? Au Tes­sin, où les mé­dias savent des choses qu’ils ne peuvent pas dire, c’est le si­lence ra­dio. Mais per­sonne ne croit aux ex­pli­ca­tions du sé­lec­tion­neur (une mise à l’écart tem­po­raire). Se­lon la RSI, les portes de la Na­ti se­raient dé­fi­ni­ti­ve­ment fer­mées à Beh­ra­mi. Idem pour Ble­rim Dze­mai­li et Gel­son Fer­nandes (le­quel a sou­hai­té mettre un terme à sa car­rière in­ter­na­tio­nale). Seul Ste­phan Licht­stei­ner res­te­rait éli­gible pour la cam­pagne de l’eu­ro 2020. Voi­là qui ex­plique sans doute sa prise de po­si­tion miel­leuse, mer­cre­di der­nier, sur les charmes de la sé­lec­tion et de son en­traî­neur.

Une phrase pas si in­no­cente

Les der­nières in­for­ma­tions en pro­ve­nance du Tes­sin ac­cré­ditent la thèse d’un long dé­clin du couple Beh­ra­mi-pet­ko­vic. «Il est clair qu’il s’est pas­sé quelque chose. Mais im­pos­sible de dire quoi», sou­pire Phi­lippe von Burg, de la RTS.

Dans la co­cotte-mi­nute d’un hô­tel iso­lé de To­gliat­ti, ver­rouillée à double tour, chaque ani­croche a pris une im­por­tance dé­me­su­rée. Dans son édi­tion du 11 août, «Blick» rap­porte que La­ra Gut, fu­ture Ma­dame Beh­ra­mi, était pré­sente à l’hô­tel quatre heures avant le match contre le Cos­ta Ri­ca. Trai­te­ment de fa­veur, sans au­cun doute. À Lu­ga­no dé­jà, pen­dant le stage pré­pa­ra­toire, la skieuse était comme chez elle dans la Vil­la Sas­sa de la Na­ti, où elle a ses ha­bi­tudes (elle y avait ef­fec­tué une par­tie de sa ré­édu­ca­tion en 2007). Il est pro­bable que le couple le plus en vue du sport suisse ait pro­vo­qué da­van­tage que des ho­che­ments de tête au sein du groupe.

Dans l’af­faire de l’aigle, puis après les pro­pos dé­sas­treux d’alex Mies­cher sur la bi­na­tio­na­li­té, plu­sieurs joueurs ne vou­laient plus en­tendre par­ler de la sé­lec­tion. Nos sources confirment que Beh­ra­mi a joué un rôle ca­pi­tal, à la de­mande du coach no­tam­ment, pour apai­ser les es­prits.

Un mois plus tard, il dé­clen­chait lui-même un in­ci­dent di­plo­ma­tique… «Une chose me re­vient en mé­moire, ra­conte Phi­lippe von Burg. Trois jours avant le match contre la Suède, nous avons or­ga­ni­sé une interview. Alors que nous dis­cu­tions de tout et de rien en pré­pa­rant le ma­té­riel, Va­lon m’avait ex­pli­qué à quel point l’en­nui était pe­sant dans ce camp de base de l’équipe de Suisse. Ve­nant d’un joueur qui a au­tant d’in­tel­li­gence et d’ex­pé­rience, je me dis au­jourd’hui que cette pe­tite phrase n’est pas sor­tie de sa bouche par ha­sard.»

Sur­tout quand on a du ca­rac­tère…

Mike Ki­reev/ima­go

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