Ser­vette évite le piège

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL -

Même ceux qui n’étaient pas nés il y a qua­rante ans ont en­ten­du un jour par­ler de La Ron­di­nel­la, le club des Ita­liens de La Neu­ve­ville, can­ton de Berne. Une équipe de troi­sième ligue qui avait fait trem­bler l’im­mense Ser­vette de Trin­che­ro et Cie, sau­vé sur le gong – même après – sur un pe­nal­ty qui n’a tou­jours pas été ou­blié par les an­ciens du stade de Saint-joux.

La troi­sième ligue d’hier, celle d’au­jourd’hui. Les rives du lac de Bienne en 1978, celles du lac de Zu­rich hier soir. Le Ser­vette 2018-2019 a dé­fi­ni­ti­ve­ment ef­fa­cé les fantômes du pas­sé. Et pour­tant, l’équipe de Mei­len, qui s’est re­trou­vée à ce stade de la com­pé­ti­tion par son com­por­te­ment lors du der­nier cham­pion­nat – l’équipe la moins pu­nie de la ré­gion zu­ri­choise – a, une ving­taine de mi­nutes du­rant, réus­si l’in­croyable, l’im­pen­sable. Parce que son gar­dien Ei­gen­mann s’est mon­tré plus hé­roïque qu’aca­dé­mique, parce que lors­qu’il sem­blait bat­tu, une latte ou un mon­tant ve­naient à son se­cours. Et parce que, quand il réus­sis­sait la pa­rade par­faite, même l’au­teur de la su­perbe vo­lée, Sau­thier, ne pou­vait qu’ap­plau­dir. «Il est vrai qu’à un mo­ment don­né, on s’est dit, sur le banc: ça y est, ça re­com­mence, comme à Va­duz», confie­ra Alain Gei­ger.

Hier, mal­gré la meilleure des vo­lon­tés du «pe­tit», le «grand» a pas­sé la rampe. Parce qu’il y avait trop de dif­fé­rences de moyens tech­niques, parce qu’à force de tou­cher du bois ou de trou­ver l’arai­gnée Ei­gen­mann sur leur che­min, les Ge­ne­vois ont été ré­com­pen­sés. Par six buts, sa­laire mi­ni­mal quand on s’amuse à comp­ter le nombre d’ac­tions, plus en­core la va­rié­té de celles-ci: «C’est le point po­si­tif, avec la qua­li­fi­ca­tion», re­prend le pa­tron. Qui sait qu’il a beau­coup de ta­lent dans son équipe et qui sait aus­si que le manque de réa­lisme de ce dé­but de sai­son est es­sen­tiel­le­ment un pro­blème psy­cho­lo­gique chez cer­tains de ses joueurs. Alors, on se dit que ce match ne peut qu’avoir fait du bien. Même si l’ad­ver­saire a fait avec ses moyens, que l’on ne peut com­pa­rer avec ceux d’un des fa­vo­ris dé­cla­rés à la pro­mo­tion en Su­per League. JEAN-CLAUDE SCHERTENLEIB, MEI­LEN

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