«À l’oeil nu, il de­vient très dif­fi­cile de dé­ce­ler les contre­fa­çons»

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Ré­vo­lue l’époque où le doua­nier dé­ce­lait le faux pas­se­port à l’aide d’une simple loupe. Les faus­saires se sont de­puis per­fec­tion­nés. «Cer­taines contre­fa­çons sont au­jourd’hui qua­si par­faites. Il de­vient très dif­fi­cile de les dé­ce­ler à l’oeil nu», ex­plique un membre de la Bri­gade de lutte contre la traite et la pros­ti­tu­tion illi­cite (BTPI) du can­ton de Ge­nève. Ce po­li­cier ra­conte le cas ré­cent d’une ins­pec­tion sur un chan­tier. Un ou­vrier pré­sente alors une pièce d’iden­ti­té qui a dé­jà pas­sé plu­sieurs fois les contrôles. Mais cette fois-ci, un agent a un doute. Il sou­met le do­cu­ment à la po­lice scien­ti­fique qui dé­cèle l’ano­ma­lie. «Nous nous sommes alors ren­du compte que nous avions été ber­nés plu­sieurs fois», pour­suit le spé­cia­liste. Le tra­vailleur au noir était ex­ploi­té par un ré­seau cri­mi­nel. Ori­gi­naire d’un pays de l’est, hors UE/AELE, il uti­li­sait un pas­se­port de l’est d’un pays membre de L’UE.

Les vieilles re­cettes de gardes-fron­tière sont tou­jours utiles, ajoute Em­ma­nuel Fi­vaz, ins­pec­teur scien­ti­fique à la po­lice neu­châ­te­loise. L’as­pect gé­né­ral d’un do­cu­ment et la co­hé­rence des in­for­ma­tions per­son­nelles sont à vé­ri­fier at­ten­ti­ve­ment: «Je me rap­pelle, lors d’un contrôle, avoir re­mar­qué sur un per­mis de conduire que son ti­tu­laire avait pas­sé son exa­men à 15 ans. Ce­la est évi­dem­ment pos­sible.» D’autres élé­ments de sé­cu­ri­té sont tout aus­si im­por­tants: le type d’im­pres­sion, la ré­ac­tion à l’ul­tra­vio­let, le fi­li­grane.

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