La Jeep lé­gen­daire af­fronte la boue comme la ville

Le pe­tit trans­por­teur po­ly­va­lent de 850 kg créé pen­dant la guerre pour­suit sa car­rière. Le Wran­gler se bo­ni­fie, en mode ur­bain ou aventurier.

Le Matin Dimanche - - AUTO -

Per­du dans les mon­tagnes au­tri­chiennes, le Jeep Camp a connu un suc­cès sans pré­cé­dent cet été. Il per­pé­tue une tra­di­tion née après la guerre, quand la cé­lèbre Willys se trans­for­ma en Wa­gon pour cor­res­pondre aux at­tentes des fa­milles. Plus de 1200 ama­teurs et 600 vé­hi­cules se sont re­trou­vés en Sty­rie. Avant eux, les jour­na­listes avaient les pistes pour tes­ter les dif­fé­rentes ver­sions du nou­veau Wran­gler.

Jeep des villes et Jeep des champs

Pre­mier contact avec la Jeep Wran­gler Sa­ha­ra, sur les au­to­routes, les routes et à tra­vers les vil­lages de carte pos­tale des mon­tagnes au­tri­chiennes. Le châs­sis a été mo­di­fié pour aug­men­ter le confort, le nou­veau mo­teur tur­bo­die­sel ré­agit vite et fort. À l’in­té­rieur, on ob­serve un mé­lange de mo­der­ni­té et de tra­di­tion, le cuir ha­bille une cer­taine rus­ti­ci­té. À l’ex­té­rieur, on constate ce ca­rac­tère sur le ca­pot, où deux ren­fle­ments rap­pellent que, une fois le toit et les por­tières dé­mon­tés, on peut abais­ser le pare-brise, comme sur le mo­dèle ori­gi­nel. Un désha­billage ré­ser­vé aux par­cours tout-ter­rain ou pour fri­mer en pas­sant de­vant les ter­rasses à la mode.

Le com­por­te­ment du Sa­ha­ra sur route est proche de ce­lui d’un SUV. La di­rec­tion un peu souple est plus dans les ha­bi­tudes amé­ri­caines qu’eu­ro­péennes. Le mo­teur se ma­ni­feste un peu, mais ce­la reste sup­por­table. Tout ce que Jeep a ap­por­té comme com­plé­ments élec­tro­niques hisse ce mo­dèle au ni­veau de tous les SUV. À la dif­fé­rence que ses ca­pa­ci­tés dans le ter­rain sont très im­pres­sion­nantes. Le Jeep Camp al­terne les mon­tées bien ra­vi­nées, les gués pro­fonds et les bosses ir­ré­gu­lières. Il suf­fit d’en­clen­cher les rap­ports courts pour grimper, de fixer le contrôle de des­cente afin de ga­ran­tir la sé­cu­ri­té et il ne reste plus qu’à agir ju­di­cieu­se­ment sur la di­rec­tion. Voi­là pour le Sa­ha­ra, qu’on peut gar­nir d’op­tions luxueuses avec le pack Over­land.

Le Ru­bi­con le plus in­croyable a deux portes, des pneus sculp­tés pour la boue ou la neige et pos­sède une com­mande unique: un in­ter­rup­teur pour blo­quer élec­tro­ni­que­ment le dif­fé­ren­tiel ar­rière ou les deux, avant et ar­rière. Un bou­ton désac­couple les barres an­ti­rou­lis. Dans cette confi­gu­ra­tion, nous avons pu mettre le Ru­bi­con dans des po­si­tions à la li­mite du bas­cu­le­ment la­té­ral, le lais­ser tra­ver­ser une mare de boue noire, tour­ner à ras les arbres dans un che­min dé­fon­cé. En voyant s’ou­vrir de­vant le pare-brise la pente ver­ti­gi­neuse to­ta­le­ment dé­fon­cée, un lé­ger doute se ma­ni­feste. Heu­reu­se­ment, le flegme des ex­perts de Jeep ras­sure: il faut blo­quer le dif­fé­ren­tiel ar­rière, ac­ti­ver le contrôle de des­cente, s’in­ter­dire de frei­ner et sim­ple­ment di­ri­ger la Jeep d’une or­nière, que dis-je, d’un gouffre à l’autre. La deuxième fois, en tant que pas­sa­ger, ce­la semble presque na­tu­rel. C’est le gé­nie des concep­teurs que d’avoir mis au point un vé­hi­cule dont les ca­pa­ci­tés sont très su­pé­rieures à ce qu’ima­ginent les pro­prié­taires or­di­naires. Seuls les pas­sion­nés les plus fer­vents prennent le temps de tes­ter ces condi­tions ex­trêmes. On trouve peu de concur­rents dans ces contrées, Land Ro­ver et Mer­cedes-benz Classe G no­tam­ment.

L’évo­lu­tion des normes contraint à des tré­sors d’ima­gi­na­tion. Pas­sons sur l’aé­ro­dy- na­misme, la forme, que Jeep veut adap­tée à la fonc­tion, soit da­van­tage à un car­ton à chaus­sures qu’à une goutte d’eau. Les nou­veaux mo­teurs éco­no­misent en­vi­ron 15% de car­bu­rant et de CO2. Dans un peu plus d’un an ap­pa­raî­tra une va­riante hy­bride re­char­geable, com­mer­cia­li­sée en 2020.

Les nou­veaux mo­teurs éco­no­misent en­vi­ron 15% de car­bu­rant et de CO2

Pas­sa­gers chou­chou­tés

Le châs­sis évo­lue, l’em­pat­te­ment a pu être al­lon­gé en re­pous­sant les roues aus­si près que pos­sible des ex­tré­mi­tés. Le vo­lume gri­gno­té pro­fite aux pas­sa­gers. De nou­velles idées ont per­mis de peau­fi­ner les ma­nières de dé­cou­vrir la Wran­gler. Le toit en dur se dé­monte en trois par­ties. Une cou­ver­ture de toile in­édite et élec­tri­fiée se com­mande par un simple bou­ton. En raf­fi­nant les re­vê­te­ments, sans tou­cher à la ver­ti­ca­li­té du ta­bleau de bord, Jeep veut sé­duire les ci­ta­dins en leur dé­li­vrant le mes­sage de la li­ber­té et de la «co­ol­ness». En Eu­rope et au Moyen-orient, les ventes ont pas­sé de quelque 30 000 à plus de 110 000 exem­plaires de­puis 2010. Il faut croire que ces ar­gu­ments ont dé­jà su convaincre. au­to.le­ma­tin.ch

Re­trou­vez la vi­déo

G. Eg­ger et Jeep-dr

Le nou­veau Wran­gler passe là où les autres s’ar­rêtent, et une fois la­vé se gare avec os­ten­ta­tion dans les rues bran­chées de n’im­porte quelle ville.

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