On mange quoi?

Des pa­tates à l’eau (mais pas de co­co)

Le Matin Dimanche - - NUTRITION -

Cette se­maine deux per­sonnes m’ont fait l’éloge de la co­co ver­sion li­quide. Ma col­lègue m’a avoué être de­ve­nue ad­dict aux bois­sons à base d’eau de co­co, car «c’est bon pour tout». Et mon amie ne jure plus que par l’huile de co­co dans son ca­fé. Vu sa taille de guêpe de­puis qu’elle en boit des litres, c’est peut-être à tes­ter?

Sur Twit­ter, le ha­sh­tag #Co­co­nut­wa­ter est très en vogue et re­groupe beau­coup de tweets van­tant les mé­rites des bois­sons à base d’eau de co­co: éner­gi­santes, riches en po­tas­sium, pu­ri­fiantes. Le mar­ché a ex­plo­sé de­puis trois ans.

Sur notre groupe FB, Va­lé­rie ap­prouve l’eau de co­co: «Mais seu­le­ment après un gros ef­fort spor­tif.» Gé­ral­dine n’est pas fan: «J’ai goû­té et on ne m’y re­pren­dra plus. Pour­tant j’avais un bon sou­ve­nir des noix de co­co, en va­cances en Amé­rique du Sud.» Fran­çois non plus: «2 fr. 45 pour 330 ml de flotte aro­ma­ti­sée, je tousse un peu quand même. Je veux bien pour le cô­té nu­tri­ments et tous ces autres trucs bo­bos, mais a-t-on vrai­ment be­soin de boire de l’eau de co­co pour en avoir?» Anik, qui a vé­cu à Ta­hi­ti, confirme que c’est une bois­son riche en po­tas­sium, mais elle ajoute: «Je suis d’ac­cord avec Fran­çois sur le prix exor­bi­tant d’un truc abon­dant que j’avais l’ha­bi­tude de boire gra­tis sor­tant de la noix de co­co.» Mu­riel Ja­quet, dié­té­ti­cienne à la So­cié­té suisse de nutrition (SSN), ex­plique que les pommes de terre four­nissent au­tant de po­tas­sium que l’eau de co­co. Et l’huile dans le ca­fé alors? Ra­chel ex­plique: «J’ai dé­cou­vert la re­cette sur «Bul­le­proof.com». Avan­tages: éner­gie, net­toyage des in­tes­tins et ap­port de bonnes graisses.» Si l’huile de co­co a connu son heure de gloire, elle n’est hé­las plus d’ac­tua­li­té. Cet été, Ka­ren Mi­chels, pro­fes­seure à Har­vard dans le do­maine de la san­té pu­blique et in­vi­tée à l’uni­ver­si­té de Fri­bourg, a dé­cla­ré dans une vi­déo que «L’huile de co­co était l’un des pires ali­ments que l’on pou­vait consom­mer» à cause de sa haute te­neur en acide gras sa­tu­ré qui obs­true les ar­tères co­ro­naires. Même dis­cours du cô­té de l’«ame­ri­can Heart As­so­cia­tion» ac­tive contre la pré­ven­tion des troubles car­diaques. Ciao co­co… et vive les pa­tates.

Sur Ins­ta­gram, la pa­tate se porte bien et se dé­cline en mille re­cettes ap­pé­tis­santes. Bon mar­ché et peu ca­lo­rique, on en a toute l’an­née en Suisse. C’est par­fait.

Pour com­pen­ser l’an­nonce de cette mau­vaise nou­velle à Ra­chel, je vais lui pro­po­ser de rem­pla­cer son huile de co­co par des noi­settes et du pois­son gras. Pas sûr que ça lui plaise au pe­tit-dé­jeu­ner.

On se re­trouve sur Fa­ce­book.com/ groups/et­si­no­non­man­ge­quoi pour en par­ler? À très vite, votre com­mu­ni­ty ma­na­ger, mère de fa­mille et to­ta­le­ment fan des ha­rengs, So­phie Evard.

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