Mé­len­chon: «Il faut don­ner une ra­clée à Ma­cron»

Le Matin Dimanche - - MONDE -

Jean-luc Mé­len­chon a des ré­flexes de co­quette: pour son dis­cours hier soir à Mar­seille, il ar­rive en re­tard, il se fait dé­si­rer et quand il se pré­sente en­fin de­vant les mi­li­tants après plus d’une de­mi-heure d’at­tente, lui-même s’en amuse: «Ex­cu­sez mon re­tard, dû à des cir­cons­tances tout à fait im­pré­vues.» Les gens ri­golent. Ils savent qu’ils en au­ront pour leur ar­gent.

On est dans le parc Cha­not, de­vant 1500 mi­li­tants, pe­tite as­sis­tance mais beau­coup de ca­mé­ras – c’est le dis­cours de ren­trée. Il pose ses notes sous une pierre à cause du vent, mais il les consulte peu, il im­pro­vise dans un style un peu dé­cou­su se­mé de for­mules. L’écologie d’abord, avec la me­nace cli­ma­tique, puis la ques­tion de l’im­mi­gra­tion et en­fin le so­cial, avec la ré­forme des re­traites, il fus­tige tout au long de son rai­son­ne­ment les dik­tats de l’eu­rope.

Mais der­rière l’eu­rope, il y a l’ad­ver­saire du mo­ment: le pré­sident Em­ma­nuel Ma­cron, qui n’est que «le pe­tit co­piste de la Com­mis­sion eu­ro­péenne». Les mots sont durs. C’est un «gros ma­lin», un «en­foi­reur pu­blic» et aux pro­chaines élec­tions eu­ro­péennes, il in­vite «les Fran­çais à lui don­ner une ra­clée, une ra­clée dé­mo­cra­tique».

À ceux qui le traitent d’en­ne­mi de l’eu­rope, Jean-luc Mé­len­chon ré­plique qu’il n’y a pas de po­li­tique équi­table pos­sible dans le res­pect des trai­tés eu­ro­péens. Il faut donc les re­né­go­cier, ou au be­soin les dé­non­cer. Convain­cu qu’il n’y a pas d’union eu­ro­péenne pos­sible sans la France, il est convain­cu de pou­voir chan­ger l’eu­rope. «Nous sommes in­ter­na­tio­na­listes de­puis tou­jours, mais in­ter­na­tio­na­liste, ça veut dire entre les na­tions!»

À chaque for­mule, la foule ap­plau­dit, sur­tout quand il dé­signe l’en­ne­mi: «la ci­vi­li­sa­tion ca­pi­ta­liste de la fi­nance». À la fin de son dis­cours, la Mar­seillaise est lan­cée à plein tube et toute l’as­sis­tance la re­prend. C’est une Mar­seillaise un peu par­ti­cu­lière, car dans le pu­blic, nom­breux sont ceux qui lèvent le poing en la chan­tant… A.R.

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