Avec le Mate 20 Pro, Huawei signe le cou­teau suisse du smart­phone

Triple cap­teur pho­to, re­charge in­ver­sée, cap­teur d’em­preintes di­gi­tales sous l’écran: le nou­veau fleuron du géant chi­nois, ul­tra­po­ly­va­lent, est un vé­ri­table concen­tré de tech­no­lo­gie.

Le Matin Dimanche - - MULTIMÉDIA - CH­RIS­TOPHE PINOL

La chose est dé­sor­mais en­ten­due: face à Huawei, au­jourd’hui deuxième plus grand fa­bri­cant de smart­phones du monde der­rière Sam­sung, les ca­dors n’ont plus qu’à bien se te­nir. Et si l’on en croit le nou­veau fleuron du géant chi­nois, le Mate 20 Pro (dis­po­nible dès le 2 no­vembre), ce­lui-ci n’a vi­si­ble­ment pas l’in­ten­tion d’en res­ter là. Bour­ré d’in­no­va­tions, do­pé à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, l’ap­pa­reil est un ul­tra haut de gamme ex­trê­me­ment abou­ti.

À pre­mière vue, il res­semble pour­tant à un croi­se­ment entre un ip­hone XS Max (même type d’en­coche au som­met de l’écran) et à un Ga­laxy Note 9 (pour son for­mat al­lon­gé et ses bor­dures d’écran in­cur­vées). Un de­si­gn qui ne trans­pire donc pas l’ori­gi­na­li­té. Reste que dans le creux de la main, l’ap­pa­reil dé­gage un sen­ti­ment de luxe et de raf­fi­ne­ment. Les fi­ni­tions sont im­pec­cables – on aime la teinte rouge du bou­ton de ver­rouillage qui le fait res­sor­tir du lot (rap­pel du fa­meux lo­go rouge Lei­ca, si­gna­taire des cap­teurs pho­tos?) – et la prise en main est agréable.

Rayon tech­nique, le Mate 20 Pro est do­té d’un écran OLED bord à bord de 6,39 pouces (for­mat 19,5: 9). Dalle très lu­mi­neuse, HDR, dé­fi­ni­tion en Quad HD +, noirs pro­fonds et beau ren­du de cou­leurs sont au me­nu, même si ces der­nières sont un peu froides (les blancs ont ten­dance à ti­rer sur le bleu) et que l’on pré­fé­re­ra pas­ser au mode «na­tu­rel» pour ré­équi­li­brer les choses. Cô­té mé­moire, avec 128 Go, c’est un peu chiche. On pour­ra tou­te­fois lui ajou­ter non pas la tra­di­tion­nelle carte mi­crosd, mais une NM card (max 256 Go), nou­veau for­mat na­no ins­tau­ré par Huawei.

En dehors de ça, l’ap­pa­reil offre une ex­cel­lente au­to­no­mie avec sa bat­te­rie 4000 mah, 6 Go de RAM, deux haut­par­leurs sté­réo de bonne qua­li­té et même une dual SIM. Bref, de quoi lui as­su­rer puis­sance, per­for­mance et en­du­rance. Mais ce qui le dis­tingue vrai­ment de la concur­rence, en dehors d’un prix très com­pé­ti­tif de 999francs, ce sont ses in­no­va­tions. En voi­ci les prin­ci­pales.

Il re­charge le smart­phone des amis

Contrai­re­ment à cer­taines marques qui obligent à ache­ter des char­geurs plus per­for­mants pour pro­fi­ter de la re­charge ra­pide (une cer­taine pomme en ligne de mire), Huawei four­nit di­rec­te­ment le sien avec son smart­phone. Un ap­pa­reil d’une ef­fi­ca­ci­té re­mar­quable puisque nous sommes pas­sés d’une au­to­no­mie res­tante de 10% à 50% en seule­ment 19 mi­nutes, et à 100% en 65 mi­nutes.

Mais la vraie in­no­va­tion du Mate 20 Pro se si­tue dans sa ca­pa­ci­té de se trans­for­mer lui­même en char­geur par in­duc­tion pour d’autres té­lé­phones. Il suf­fit de re­tour­ner le Mate sur une table et de ve­nir y po­ser un ap­pa­reil com­pa­tible (ip­hone ou Sam­sung de der­nières gé­né­ra­tions). La fonc­tion­na­li­té n’est pas des plus ra­pides – notre ip­hone XS est pas­sé de 17 à 22% en 20 mi­nutes, ne fai­sant perdre que 2% de­puis la pleine charge au Huawei – mais elle ren­dra as­su­ré­ment ser­vice à pas mal d’amis.

La bio­mé­trie au top

En do­tant son smart­phone d’un cap­teur 3D et d’une ca­mé­ra in­fra­rouge haute pré­ci­sion à l’avant pour la re­con­nais­sance fa­ciale, le fa­bri­cant chi­nois a dé­ve­lop­pé une tech­no­lo­gie si­mi­laire au Face ID de l’ip­hone X. Et d’une ef­fi­ca­ci­té tout à fait com­pa­rable: l’au­then­ti­fi­ca­tion se fait ins­tan­ta­né­ment, en toutes cir­cons­tances.

Plus fort, le Mate Pro est le pre­mier ap­pa­reil dis­tri­bué en Eu­rope do­té d’un cap­teur d’em­preintes di­gi­tales si­tué sous l’écran. Avec l’ar­ri­vée des écrans bord à bord, beau­coup avaient re­gret­té la dis­pa­ri­tion de ce type de fonc­tion­na­li­té. La voi­là donc de re­tour, idéale, par exemple, pour dé­ver­rouiller un smart­phone pla­cé à plat sur un bu­reau, à cô­té de nous, sans avoir à le prendre en main. On pose son doigt à l’en­droit ap­pro­prié… et voi­là!

Le nou­veau roi de la pho­to

Au prin­temps der­nier, le P20 Pro avait été le pre­mier smart­phone équi­pé de 3 ob­jec­tifs sur sa coque ar­rière. Le Mate 20 Pro conserve ce sys­tème mais en rem­pla­çant l’ob­jec­tif dé­dié à la prise de vue mo­no­chrome par un ul­tra­grand-angle (ou­ver­ture f/2.2), équi­va­lant à un 16 mm, as­so­cié à un cap­teur 20 Mpx. Il vient ain­si com­plé­ter le cap­teur prin­ci­pal (40 Mpx, f/1.8, 27 mm) et un té­lé­ob­jec­tif (8 Mpx, f/2.4, 81 mm) cou­plé à un sys­tème de sta­bi­li­sa­tion op­tique. On se re­trouve ain­si avec l’équi­va­lant d’un ob­jec­tif 16-80mm dans la poche. En gros, à table avec une bande de co­pains, le grand-angle va nous per­mettre de tous les in­clure à l’image, et le té­lé­ob­jec­tif de ti­rer le por­trait de l’un d’eux à l’autre bout de la ta­blée sans perte de qua­li­té. Très ef­fi­cace! D’au­tant plus que le cap­teur grand angle per­met aus­si de bas­cu­ler en un mode «su­per­ma­cro» d’une pré­ci­sion re­mar­quable.

D’un point de vue des dé­tails, le ren­du pho­to­gra­phique gé­né­ral est d’ailleurs dans l’en­semble ex­cellent… peut-être même un peu trop, le lo­gi­ciel ayant ten­dance à for­cer exa­gé­ré­ment sur les pixels et faire perdre aux images leur na­tu­rel. Si­non, pas de pa­nique pour jon­gler entre les dif­fé­rents ob­jec­tifs: l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle em­bar­quée choi­si­ra le plus ap­pro­prié en fonc­tion de la si­tua­tion. Elle est même ca­pable d’iden­ti­fier un su­jet (ani­maux, nour­ri­ture, plantes, etc.) pour leur ap­pli­quer les ré­glages co­lo­ri­mé­triques les plus ap­pro­priés. Une IA très ef­fi­cace mais qui pour­ra aus­si être désac­ti­vée si on le sou­haite.

À ce­la, il faut bien en­ten­du ajou­ter un 4e cap­teur en face avant de 24 Mpx pour les sel­fies. Ter­mi­nons en sou­li­gnant le fabuleux ren­du (bien que tou­jours un peu trop ar­ti­fi­ciel) des cli­chés de nuit.

Les ci­néastes vont s’écla­ter

Le fa­bri­cant chi­nois s’est vi­si­ble­ment amu­sé à ima­gi­ner des modes vi­déo sor­tant vrai­ment de l’or­di­naire. On ap­pré­cie par exemple beau­coup l’ef­fet mo­no­chrome qui laisse le su­jet prin­ci­pal en cou­leur, un peu à la ma­nière de cer­tains ef­fets du film «Sin Ci­ty». Lu­dique et ori­gi­nal. Huawei a éga­le­ment réus­si à ap­pli­quer à la vi­déo l’ef­fet bo­keh, ce flou­tage de l’ar­rière-plan des­ti­né à ren­for­cer le su­jet prin­ci­pal, qui fait le bon­heur des cli­chés en mode por­trait. As­tu­cieux. On pour­ra même fil­mer en mode sé­pia…

Glo­ba­le­ment, l’image est par­fai­te­ment fluide, même en la pous­sant en 4K UHD à 30 fps, et affiche des cou­leurs riches. Dom­mage que là aus­si, le lis­sage lo­gi­ciel soit trop pro­non­cé. On peut tou­jours es­pé­rer une cor­rec­tion de la part du fa­bri­cant dans une pro­chaine mise à jour. C’est tout le mal qu’on sou­haite à cet ap­pa­reil qui frôle le sans-faute.

Huawei

Si son de­si­gn n’est pas ré­vo­lu­tion­naire, le Mate 20 Pro est un concen­tré d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

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