À l’as­sis­tance logent dans la cave

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

fants et plu­sieurs chiens. Ils connais­saient les an­ciens lo­ca­taires et le mon­tant du loyer. Ils ont tou­jours été au cou­rant qu’il y avait un pro­jet im­mo­bi­lier sur cette par­celle. Nous de­vions d’ailleurs signer un nou­veau bail à du­rée dé­ter­mi­née jus­qu’à juin 2019. Ils étaient d’ac­cord et avaient pris ren­dez­vous pour la si­gna­ture le 14 mars 2018 à 11 h. Ils ont fi­na­le­ment re­fu­sé, fait op­po­si­tion à la ré­si­lia­tion de bail avec l’aide de l’as­lo­ca et ils de­mandent main­te­nant une baisse de loyer. Ils ont deux places de parc, une pis­cine gon­flable, un bar­be­cue et une aire de jeu en été, un ser­vice de net­toyage heb­do­ma­daire, l’in­ter­net haut dé­bit, une cui­sine équi­pée et un sa­lon com­muns. Je viens de payer 13 000 francs de gaz et d’élec­tri­ci­té, pour cette vil­la! Ils consomment énor­mé­ment. Car ils ont fait des ins­tal­la­tions élec­triques sau­vages pour plu­sieurs TV et consoles de jeux. Les fac­tures d’élec­tri­ci­té se montent ré­gu­liè­re­ment à plus de 2000 francs par mois, et ce, même en été. S’ils ne sont pas sa­tis­faits, ils n’ont qu’à déménager.»

De même pour le cas de M. Car­val­ho: «Ce mon­sieur ne payait pas, mal­gré le fait qu’il tou­chait le loyer de l’hos­pice gé­né­ral. Il a été congé­dié pour mars 2017 mais n’est pas par­ti et a pris un avo­cat. Puis, au Tri­bu­nal des baux et loyers, il a si­gné, en pré­sence de son avo­cat, un do­cu­ment sti­pu­lant qu’il quit­tait la vil­la à fin sep­tembre et qu’il al­lait payer ses ar­rié­rés de loyer de 3300 francs. Il n’a fait ni l’un ni l’autre. J’ai alors man­da­té un huis­sier qui lui a don­né jus­qu’au 10 oc­tobre 2018 pour par­tir. Il a em­por­té ses meubles mais a lais­sé une ar­moire. Quand il a de­man­dé les clés de la nou­velle ser­rure pour ré­cu­pé­rer son bien, il a ré­in­té­gré les lieux à ma plus grande sur­prise! Quant à la cave, en fait, il s’agit de deux chambres chauf­fées avec fe­nêtre. Quand je suis ar- ri­vé, nombre d’entre eux étaient par­tis sans avoir payé de loyer pen­dant un an, alors que c’est l’hos­pice qui leur paie le loyer.»

Une vil­la bien­tôt dé­mo­lie

L’avo­cat du pro­prié­taire, Me Da­niel Meyer, tient d’abord à rap­pe­ler que «son man­dant n’a re­pris la ges­tion de son immeuble qu’en 2016, après avoir dû licencier le gé­rant et, par­tant, ne sau­rait être te­nu pour res­pon­sable des agis­se­ments de ce der­nier», de plus, il confirme que «son client ne sou­haite pas in­ves­tir dans une mai­son qui va être dé­truite». Et d’ajou­ter: «En re­vanche, les tra­vaux cou­rants de la pro­prié­té, tels que le net­toyage et l’en­tre­tien du jar­din, sont bien en­ten­du as­su­rés par le pro­prié­taire, ain­si que la ré­pa­ra­tion des éven­tuels dé­fauts si­gna­lés par les lo­ca­taires.»

Pour l’as­lo­ca, qui dé­fend plu­sieurs lo­ca­taires de cette vil­la, no­tam­ment la fa­mille de Ma­galhes: «Une pro­cé­dure est en cours concer­nant des ré­si­lia­tions de bail et la pro­blé­ma­tique du loyer ini­tial. Les lo­ca­taires nous rap­portent en outre souf­frir de nui­sances et dé­fauts de la chose louée (manque de chauf­fage et d’eau chaude, ab­sence de ven­ti­la­tion dans la cui­sine et la salle de bains, nui­sances ol­fac­tives, élec­tri­ci­té pas aux normes, etc.). Le pro­prié­taire a es­sayé d’éva­cuer lui-même des lo­ca­taires et été condam­né pour vio­la­tion de do­mi­cile par le mi­nis­tère pu­blic. A-t-il le droit de louer des pièces dans les caves? A prio­ri non, il y a des pres­crip­tions de droit ad­mi­nis­tra­tif à res­pec­ter, no­tam­ment quant aux vues sur l’ex­té­rieur. La loi in­ter­dit par ailleurs que les lo­caux dont le plan­cher se trouve au­des­sous du ni­veau gé­né­ral du sol servent à l’ha­bi­ta­tion.»

Af­faire à suivre, donc, avec plu­sieurs au­diences agen­dées au mois de no­vembre.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.