Une dé­fense ex­pé­ri­men­tale à l’épreuve du feu des Diables

Le Matin Dimanche - - CHRONIQUES - TIM GUILLEMIN

LU­CERNE La Bel­gique a aus­si ses sou­cis. Ro­me­lu Lu­ka­ku, Ke­vin De Bruyne, Ma­rouane Fel­lai­ni, Jan Ver­ton­ghen, Tho­mas Ver­mae­len et Yan­nick Car­ras­co ne sont pas du voyage en Suisse. Les Diables Rouges perdent là six joueurs im­por­tants à l’heure de jouer cette «fi­nale de groupe» de la Ligue des na­tions. Il n’est donc pas ques­tion pour la Suisse de jouer les vic­times, car les pro­blèmes de contin­gent belge sont bien réels. «C’est sou­vent comme ça en no­vembre», a pes­té Ro­ber­to Mar­ti­nez, hier. A cette pé­riode, les joueurs sont énor­mé­ment sol­li­ci­tés en club, les terrains de­viennent mau­vais et les for­faits, di­plo­ma­tiques ou non, s’ac­cu­mulent.

Ma­nuel Akan­ji, bles­sé ou for­fait?

Vla­di­mir Pet­ko­vic a d’ailleurs payé pour le sa­voir cette se­maine. Ma­nuel Akan­ji, le dé­fen­seur suisse qui monte, n’a ain­si pas par­ti­ci­pé à ce der­nier stage de l’an­née et il est per­mis de pen­ser que le dé­fen­seur du Bo­rus­sia Dort­mund ne souffre pas de dou­leurs atroces qui au­raient pu l’em­pê­cher de te­nir sa place en cas de force ma­jeure. Il a ain­si joué tous les der­niers matches avec son club, qui lui a sug­gé­ré de se re­po­ser un peu. Il n’est ain­si pas to­ta­le­ment im­pos­sible que la Suisse paie le fait de l’avoir fait mon­ter en oc­tobre dans l’avion pour l’is­lande alors qu’il était très pro­bable qu’il ne pour­rait pas jouer à Reyk­ja­vik. Bref, il y a beau­coup de non-dits dans cette his­toire, mais ce qui est sûr, c’est que le très so­lide Zu­ri­chois n’est pas à dis­po­si­tion de Vla­di­mir Pet­ko­vic cette se­maine.

Fa­bian Schär (sus­pen­du ce soir) est lui ren­tré jeu­di ma­tin en An­gle­terre après avoir par­ti­ci­pé à la dé­faite contre le Qa­tar mer­cre­di à Lu­ga­no (0-1). La Suisse s’avance donc sans sa char­nière face à l’une des meilleures at­taques du monde. Même sans Ro­me­lu Lu­ka­ku, la Bel­gique fait peur. Le trio of­fen­sif ce soir se­ra ain­si très vrai­sem­bla­ble­ment com­po­sé de Dries Mer­tens (Naples), Mi­chy Bat­shuayi (Va­lence) et Eden Ha­zard (Chel­sea). Si l’avant-centre ne joue plus dans son club es­pa­gnol, il reste un bu­teur re­dou­té au ni­veau eu­ro­péen, tan­dis que Mer­tens et Ha­zard sont des ca­dors in­con­tes­tés, qui font tous deux par­tie de l’élite mon­diale à leur poste. Voire tous postes confon­dus pour Ha­zard, out­si­der cré­dible pour le Ballon d’or.

En l’ab­sence de Fa­bian Schär et de Ma­nuel Akan­ji, la Suisse de­vra s’in­ven­ter une ar­riè­re­garde ce soir. Contre l’une des meilleures at­taques du monde, celle de la Bel­gique.

À deux ou trois dans l’axe de la dé­fense?

Alors, quelle stra­té­gie Vla­di­mir Pet­ko­vic vat-il choi­sir pour dé­fendre face à ces si re­dou­tables Diables? «Ce qui me plaît, c’est d’avoir dé­sor­mais deux op­tions tac­tiques à dis­po­si­tion en dé­fense», s’est ré­joui hier le «Mis­ter».

En clair, la Suisse peut jouer à deux ou à trois dé­fen­seurs cen­traux, cette der­nière va­riante ayant été retenue der­niè­re­ment dans les «gros matches», mais aus­si mer­cre­di contre le Qa­tar. Le sou­ci pour ce soir avec ce dis­po­si­tif ré­side dans le fait que la Suisse est à court de so­lu­tions puisque Vla­di­mir Pet­ko­vic ne compte que trois dé­fen­seurs cen­traux «de mé­tier» dans son ef­fec­tif, dont deux jouent en deuxième di­vi­sion avec leur club: Ni­co El­ve­di, Timm Klose et Léo La­croix. Très ris­qué, même si une op­tion se­rait d’uti­li­ser Ri­car­do Ro­dri­guez en dé­fen­seur cen­tral gauche. Pas im­pos­sible.

Une autre so­lu­tion cré­dible se­rait le re­tour au «tra­di­tion­nel» 4-2-3-1 avec une char­nière El­ve­di-klose, qui pré­sente le désa­van­tage de n’avoir ja­mais joué en­semble au plus haut ni­veau. Dans cette confi­gu­ra­tion, Ri­car­do Ro­dri­guez oc­cu­pe­rait le cou­loir gauche, tan­dis que Ke­vin Mba­bu et Mi­chael Lang se dis­pu­te­raient le poste de la­té­ral droit. Vla­di­mir Pet­ko­vic pour­rait op­ter pour le Ge­ne­vois et faire mon­ter le Thur­go­vien d’un cran. Ce se­rait une ma­nière de bien bou­cler le cô­té gauche des Belges, un vrai point fort avec la pré­sence des frères Ha­zard. Mais une telle dé­ci­sion li­mi­te­rait énor­mé­ment la créa­ti­vi­té des Suisses en phase of­fen­sive, alors que la vic­toire est in­dis­pen­sable.

A. Cri­na­ri/keystone

Timm Klose (Nor­wich Ci­ty, lea­der de deuxième di­vi­sion an­glaise) a de grandes chances d’être ti­tu­laire ce soir à Lu­cerne.

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