Sam Mor­gan Le cos­tu­mier des stars

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL -

s’il avait be­soin de quelque chose d’ori­gi­nal, parce que j’avais de très bons contacts dans ce mi­lieu. Et je lui ai trou­vé «on­line» une belle paire de chaus­sures Adi­das Yee­zy. Son co­équi­pier, Chris Willock, les a vues et après s’être ren­sei­gné, m’a de­man­dé d’autres chaus­sures. La ru­meur s’est ré­pan­due de cette fa­çon, d’abord au­près de tous les jeunes es­poirs du club, puis jus­qu’à ceux de l’équipe pro. En­suite, dans d’autres clubs et chez les joueurs de l’équipe na­tio­nale. De mon cô­té, pen­dant ce temps, j’ai pos­té les pho­tos sur les ré­seaux so­ciaux. Le tout s’est dé­ve­lop­pé à une vi­tesse in­croyable.

Mais pour­quoi un gars comme Pog­ba doit-il de­man­der à un gamin de lui ache­ter des ha­bits?

Parce que ces gars veulent une per­sonne qui s’y connaît et qui a le même âge qu’eux – ou plus jeune. Sim­ple­ment en rai­son de notre af­fi­ni­té au ni­veau des goûts, d’une même sen­si­bi­li­té es­thé­tique. Entre les en­traî­ne­ments, les déplacements et les obli­ga­tions en­vers les spon­sors, les foot­bal­leurs cé­lèbres ont beau­coup moins de temps qu’on ne le pense… Sou­vent, ils ne réus­sissent pas à faire du shop­ping. Rai­son pour la­quelle ils s’adressent à des per­sonnes de confiance, comme moi, qui peut les com­prendre et as­sou­vir leurs dé­si­rs en ma­tière de mode. Et tu leur livres le tout en per­sonne? Quand je peux, oui. Mais cette an­née, j’ai moins de temps à leur consa­crer. Comme je pré­pare mes exa­mens de ma­tu­ri­té, je dois plus étu­dier. Ce qui ex­plique pour­quoi j’en­voie plus sou­vent les ha­bits. Ce tra­vail me prend quand même six à sept heures par jour. Il y a deux se­maines, Pog­ba m’a ap­pe­lé pour me dire: «De­main j’ai congé. Al­lez, passe chez moi pour qu’on ri­gole un peu.» Je lui ai dit non.

Tu sais que tu as dit non au rêve de tous les ga­mins dans le monde qui sont pas­sion­nés de foot­ball?

Bien sûr. Paul est très sym­pa et, comme avec d’autres stars, j’aime beau­coup dis­cu­ter de mode et de foot­ball avec lui, jouer à la Plays­ta­tion ou man­ger. On parle de tout et les joueurs savent qu’avec moi, ils peuvent se lais­ser al­ler, parce que je suis un gars sé­rieux qui n’ira pas ra­con­ter plus loin ce qu’ils me rap­portent. Mais ces temps, je dois d’abord étu­dier. Mes pa­rents veulent que je fi­nisse l’école.

Tu iras en­suite à l’université?

Non, l’école ne m’a ja­mais plu. Je conti­nue­rai à faire ce bu­si­ness. Ou peut-être quelque chose d’autre, je ne sais pas.

Donc cette ac­ti­vi­té est aus­si un moyen pour toi de fuir l’école? Je di­rais plu­tôt que j’ai tou­jours ai­mé faire des choses dif­fé­rentes, m’ha­biller d’une autre fa­çon. Il y a beau­coup de gens qui veulent être comme tout le monde ou qui co­pient les autres. Moi, au contraire, j’ai tou­jours cher­ché à être unique dans mon genre, à ex­cel­ler. Si tu suis les autres, tu res­te­ras tou­jours der­rière eux.

Com­bien gagnes-tu?

Je ne veux pas le dire. Mais je pour­rais sans pro­blème vivre seul à Londres.

De quelle star es-tu le plus proche?

Son Heung-min, de Tot­ten­ham, a été ma pre­mière star. Il y a en­suite Dele Al­li et sur­tout An­to­nio Rü­di­ger, de Chel­sea, un gars fan­tas­tique, très humble.

Quelle est ton équipe pré­fé­rée? C’était Ar­se­nal, mais plus main­te­nant.

Pour­quoi?

Ce bou­lot a chan­gé mon com­por­te­ment, le foot­ball est de­ve­nu un tra­vail pour moi, c’est pour­quoi je supporte les per­sonnes et les clients que je connais.

Après avoir connu le suc­cès si tôt dans ta vie, as-tu en­core un rêve?

Non, mais ce qui m’ar­rive n’était pas non plus un rêve. Ce qui me plaît, ce sont les choses simples: me re­laxer, al­ler man­ger, ren­con­trer des amis, jouer au ballon. Pour être sin­cère, je n’ai ja­mais ai­mé la mode mais de­puis que j’en ai fait mon bu­si­ness, j’ai ap­pris à l’ap­pré­cier. Le pro­blème, c’est que le foot­ball ne me plaît plus.

Pour­quoi?

Parce que tout le monde pense que les foot­bal­leurs – des gens avec les­quels je m’amuse beau­coup – sont des su­per­stars. Dans la réa­li­té, ce sont des per­sonnes très nor­males, avec leurs dé­fauts. Il est pré­fé­rable de ne ja­mais ren­con­trer ses idoles. Parce qu’elles n’ont rien de spé­cial. Elles sont exac­te­ment comme nous.

Pho­tos: Ins­ta­gram / SM Creps

Avec Mi­chy Bat­shuayi, an­cien at­ta­quant de Chel­sea, au­jourd’hui à Va­lence.

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