Qui veut la peau de la can­di­date au Con­seil fé­dé­ral Vio­la Am­herd?

La ga­laxie UDC s’en prend à la can­di­date de Brigue au Con­seil fé­dé­ral. Sur la dé­fen­sive, elle perd du ter­rain et se cabre.

Le Matin Dimanche - - LA UNE - AR­THUR GROS­JEAN

La ga­laxie UDC s’en prend à la can­di­date de Brigue au Con­seil fé­dé­ral sur le thème de l’ar­gent. Sur la dé­fen­sive, la Va­lai­sanne perd du ter­rain par rap­port à sa concur­rente ura­naise.

«Hei­di Z’grag­gen est une femme in­tel­lec­tuel­le­ment brillante. Elle va faire forte im­pres­sion lors des au­di­tions de mar­di au Pa­lais»

Ch­ris­tophe Dar­bel­lay, conseiller d’état (PDC/VS)

La po­li­tique est cruelle. La Va­lai­sanne Vio­la Am­herd a été plé­bis­ci­tée sur le ti­cket fé­mi­nin PDC pour le Con­seil fé­dé­ral. Et pour­tant, ces der­niers jours, une autre femme capte toute la lu­mière: Hei­di Z’grag­gen. La conseillère d’état ura­naise ac­cueille dans son fief tous les jour­na­listes suisses avides de dé­cou­vrir celle qui a sor­ti le conseiller aux États Pe­ter Heg­glin de la course. Vio­la Am­herd, can­di­date du sé­rail par­le­men­taire et fa­vo­rite au dé­part, est en train de perdre du ter­rain.

L’af­faire des loyers sur­fac­tu­rés

Pour­quoi ce glis­se­ment? Prin­ci­pa­le­ment en rai­son des af­faires d’ar­gent qui collent aux basques de la can­di­date. C’est le «Wal­li­ser Bote» qui a al­lu­mé la pre­mière mèche avec l’his­toire des loyers sur­fac­tu­rés d’al­piq. Vio­la Am­herd a été condam­née dans un li­tige ci­vil à payer 250 000 francs et a fait re­cours. La «Welt­woche» a en­chaî­né avec l’af­faire des deux jeunes no­taires qui n’ont pas été payés par Vio­la Am­herd con­for­mé­ment au contrat si­gné avec l’état du Va­lais. La Va­lai­sanne af­firme qu’une di­rec­tive contraire l’en em­pê­chait. Elle a peut-être com­mis l’er­reur d’af­fir­mer que le Con­seil d’état va­lai­san n’était pas in­ter­ve­nu au­près d’elle. De­puis, l’ex-mi­nistre va­lai­san UDC, Os­kar Frey­sin­ger, la cri­tique fé­ro­ce­ment (lire in­ter­view ci-contre). La «Welt­woche», qui ap­par­tient à la ga­laxie UDC, en a re­mis une couche cette se­maine sous la plume d’un jour­na­liste… haut-va­lai­san.

Faut-il y voir des rè­gle­ments de comptes po­li­tiques ou Vio­la Am­herd a-t-elle un rap­port pro­blé­ma­tique à l’ar­gent? La conseillère na­tio­nale ne sou­haite pas nous ré­pondre sur ce thème. Elle nous ren­voie aux ar­ticles pa­rus dans la presse alé­ma­nique. Elle y af­firme en gros qu’elle n’a rien à se re­pro­cher sur les loyers d’al­piq. Dans l’af­faire des no­taires, elle re­con­naît juste avoir tar­dé à les pré­ve­nir. Elle voit dans l’at­taque d’os­kar Frey­sin­ger une frus­tra­tion de l’ex-mi­nistre non ré­élu à cause du PDC.

«Des ac­cu­sa­tions ri­di­cules»

«Je connais Vio­la Am­herd. Je n’ai ja­mais eu l’im­pres­sion que c’était une per­sonne avare», at­teste le conseiller d’état PDC Ch­ris­tophe Dar­bel­lay. Y a-t-il une cam­pagne par­ti­cu­lière contre elle? «Je ne crois pas, ex­plique le conseiller aux États PDC Beat Rie­der. La po­li­tique en Va­lais est sur­tout bien plus dure qu’ailleurs. Et quand vous êtes can­di­dat au Con­seil fé­dé­ral, vous êtes en­core plus ex­po­sé.» Et d’ajou­ter: «Dans les po­lé­miques aux­quelles est confron­tée Vio­la Am­herd, je n’ai rien vu de ré­pré­hen­sible.» Il ne doute pas que le par­le­ment sau­ra faire la part des choses sur «ces ac­cu­sa­tions ri­di­cules». Ch­ris­tophe Dar­bel­lay est un poil plus in­quiet. «Hei­di Z’grag­gen est une femme in­tel­lec­tuel­le­ment brillante. Elle va faire forte im­pres­sion lors des au­di­tions de mar­di au Pa­lais.» Pour Vio­la Am­herd, ce se­ra un quitte ou double. Soit elle de­vient la pre­mière femme conseillère fé­dé­rale du Va­lais, soit elle quitte Berne en 2019.

Yvain Ge­ne­vay

Vio­la Am­herd, em­pê­trée dans des «af­faires», ap­pa­raît fra­gi­li­sée dans la course au Con­seil fé­dé­ral.

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