Pa­ris veut sau­ver Re­nault-nis­san

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE -

Une se­maine après la chute de Car­los Ghosn, l’état fran­çais se mo­bi­lise pour dé­fendre une al­liance cru­ciale pour Re­nault.

«La ré­mu­né­ra­tion de notre pré­sident (ndlr: Car­los Ghosn) fai­sait bien l’ob­jet de concer­ta­tions avec les autres res­pon­sables (ndlr: de Nis­san).» Hier, les pre­miers mots de l’ex-ad­mi­nis­tra­teur de Nis­san Greg Kel­ly de­puis son ar­res­ta­tion, en même temps que Car­los Ghosn, ont re­lan­cé les in­ter­ro­ga­tions sur les ra­cines du scan­dale se­couant Re­nault-nis­sanmit­su­bi­shi. Ces pro­pos ra­vivent les soup­çons de cer­tains ana­lystes voyant dans la mise en dé­ten­tion de l’em­blé­ma­tique pa­tron le fruit d’une ma­chi­na­tion de Nis­san, afin de ré­équi­li­brer les pou­voirs au sein d’un par­te­na­riat tra­ver­sé par les ran­coeurs.

Bien da­van­tage que de sau­ver le sol­dat Ghosn, la mo­bi­li­sa­tion de Re­nault – tout comme celle de l’état fran­çais, son ac­tion­naire à hau­teur de 15% – au­ra été une ten­ta­tive de pré­ser­ver une al­liance cru­ciale sur le plan in­dus­triel et fi­nan­cier. Ré­sul­tat, en fin de se­maine, les mi­nistres fran­çais et ja­po­nais de l’éco­no­mie, ont ré­af­fir­mé dans un com­mu­ni­qué com­mun leur sou­tien à l’at­te­lage Re­nault-nis­san.

«Re­nault peut-il se pas­ser de Nis­san? La ré­ponse est clai­re­ment non», écrit Alain-ga­briel Ver­de­voye, spé­cia­liste du sec­teur au sein du ma­ga­zine «Chal­lenge». Cette dé­pen­dance a été sou­li­gnée par la chute de près de 7% des ac­tions Re­nault cette se­maine. Au­jourd’hui des mo­dèles clés de Re­nault comme les Sce­nic, Mé­gane, Es­pace ou Kad­jar sont dé­jà construites à par­tir de châs­sis et d’élé­ments éla­bo­rés en com­mun avec Nis­san, qui les uti­lise pour ses Qa­sh­qai et autres Xtrail. «Ces vé­hi­cules par­tagent 50% des pièces en va­leur», pré­ci­sait il y a peu Thier­ry Bol­lo­ré, l’homme pla­cé à la tête de Re­nault après le scan­dale, dans les co­lonnes du ma­ga­zine. Une co­opé­ra­tion ap­pe­lée à s’ap­pro­fon­dir: l’an pro­chain, ce se­ra au tour des Clio et des pe­tites Nis­san d’être mon­tées à par­tir d’une «pla­te­forme» com­mune.

Les in­cer­ti­tudes en­tou­rant ces grandes al­liances ne se li­mitent pas à Re­nault: le quo­ti­dien «Les Échos» in­di­quait il y a peu que Peu­geot-ci­troën et Toyo­ta al­laient mettre fin à un par­te­na­riat dans la fa­bri­ca­tion des pe­tits vé­hi­cules. PIERRE-ALEXANDRE SALLIER

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