Plus puis­sant que cer­tains or­dis, le nou­vel ipad Pro reste une ta­blette

Avec son der­nier bé­bé, vé­ri­table monstre de puis­sance, Apple creuse l’écart avec la concur­rence. Et prouve sur­tout qu’il peut en­core in­no­ver quand il le sou­haite. Mais at­ten­tion à l’ad­di­tion!

Le Matin Dimanche - - MULTIMÉDIA - CH­RIS­TOPHE PINOL

De plus en plus chic, de plus en plus cher… Avec Apple, de­puis deux ans, les ta­rifs ont dé­fi­ni­ti­ve­ment pris l’es­ca­lade. Après l’ip­hone X et l’apple Watch sé­rie 4, c’est au­jourd’hui au tour de l’ipad Pro de jouer les Rollsroyce, celles des ta­blettes cette fois. Ce nou­veau mo­dèle a beau mar­quer l’évo­lu­tion la plus im­por­tante de­puis la pré­sen­ta­tion du pre­mier ipad en 2010, il fau­dra d’abord se ré­soudre à faire pas­ser la pi­lule de son prix avant d’al­ler plus loin: sui­vant la ver­sion choi­sie, la fac­ture pour­ra en ef­fet grim­per de 899 francs pour un ipad tout nu de 11 pouces, avec une mé­moire un peu chiche de 64 Go, à 2587 francs – oui, 2587 francs! – si l’on opte pour la ver­sion 12,9 pouces et son gi­gan­tesque té­ra­oc­tet de sto­ckage ain­si que l’op­tion de la 4G. Le tout ac­com­pa­gné de deux ac­ces­soires ma­jeurs avec les­quels la ta­blette pren­dra réel­le­ment toute sa puis­sance: les nou­veaux Apple Pen­cil et Smart Key­board Fo­lio (lire en­ca­dré). De la fo­lie!

Une fois pas­sé ce «dé­tail» ta­ri­faire, concen­trons-nous sur la bête elle-même. En com­men­çant par son de­si­gn – somp­tueux – qui fait l’ob­jet d’une re­fonte to­tale. Exit les bords ar­ron­dis des pré­cé­dents mo­dèles: la marque à la pomme fait ma­chine ar­rière pour re­trou­ver une forme plus an­gu­leuse, si­mi­laire aux ip­hone 4 et 5, consi­dé­rée pour beau­coup comme le de­si­gn le plus abou­ti des ap­pa­reils de la marque. Et puis ce qui at­tire le re­gard, c’est la fi­nesse de l’en­gin (5,9 mm pour les deux mo­dèles), tout comme la dis­pa­ri­tion des larges bor­dures d’écran et, par consé­quent, du bou­ton d’ac­cueil, don­nant fi­na­le­ment à cet ipad un air d’ip­hone X géant. L’iden­ti­fi­ca­tion de l’uti­li­sa­teur se fait donc do­ré­na­vant à tra­vers le scan de son vi­sage, avec Face ID. Une fonc­tion qui marche mer­veilleu­se­ment, aus­si bien en mode por­trait qu’en pay­sage. On re­gret­te­ra juste que la dé­fi­ni­tion de l’écran reste can­ton­née aux mêmes 264 pixels par pouce, là où n’im­porte quel smart­phone fait fa­ci­le­ment mieux. On reste tou­te­fois dans la moyenne de ce qui se pra­tique dans le monde des ta­blettes. Et puis la dalle LCD pro­po­sée est ex­cel­lente: exem­plaire au ni­veau du contraste, très lu­mi­neuse, af­fi­chant des cou­leurs fi­dèles, riches et écla­tantes. Seuls les noirs semblent un poil pa­lots, main­te­nant que nous sommes ha­bi­tués aux écrans OLED.

Plus puis­sant qu’un or­di­na­teur por­table

Mais l’en­gin s’im­pose avant tout comme un monstre de puis­sance. D’abord avec une ca­pa­ci­té de sto­ckage, on l’a dit, pou­vant at­teindre le té­ra­oc­tet. De quoi voir large en ma­tière de mu­sique, de vi­déos et de pho­tos, le tout en très haute qua­li­té. Mais ce n’est pas tout. Avec sa nou­velle puce A12X Bio­nic, Apple se donne les ca­pa­ci­tés d’un or­di­na­teur por­table haut de gamme. En com­pa­rai­son avec l’ip­hone X, la bête em­barque deux coeurs haute per­for­mance sup­plé­men­taires et trois coeurs en plus pour la par­tie gra­phique. Une puce qui laisse donc loin der­rière elle les per­for­mances du pré­cé­dent ipad Pro, tout comme le reste de la concur­rence. Le jeu Fort­nite, par­ti­cu­liè­re­ment gour­mand, at­teint ici des som­mets de flui­di­té. Après, il est dom­mage que les ap­pli­ca­tions soient en­core rares à avoir été op­ti­mi­sées pour le nou­veau for­mat un rien hy­bride (4,3: 3) de l’ipad 11 pouces tes­té et ne s’af­fichent pas en­core en plein écran. Mais ça ne sau­rait tar­der.

L’ap­pel­la­tion Pro de cet ap­pa­reil est donc loin d’être usur­pée et ce­lui-ci risque de de­ve­nir un vé­ri­table ou­til de pré­di­lec­tion pour les ar­tistes en tout genre: de­si­gners, pho­to­graphes, vi­déastes ou ar­chi­tectes. Au­cune autre ta­blette sur le mar­ché ne ri­va­lise avec lui, c’est un fait. Lors de sa pré­sen­ta­tion, il y a trois se­maines, Tim Cook s’était amu­sé à re­tou­cher en di­rect une image de plu­sieurs di­zaines de mé­ga­pixels sur Pho­to­shop sans le moindre ra­len­tis­se­ment. Même constat de notre cô­té en as­su­rant le mon­tage de plu­sieurs sé­quences vi­déo en 4K, y com­pris avec d’autres ap­pli­ca­tions ou­vertes.

Apple s’ouvre en­fin au monde

Autre point fort: le rem­pla­ce­ment du port Light­ning par de L’USB-C, qui ga­ran­tit toute une sé­rie de nou­veaux usages. Il de­vient alors pos­sible de connec­ter un ap­pa­reil pho­to pour ré­cu­pé­rer des images, de s’en ser­vir comme bat­te­rie ex­terne pour re­char­ger un smart­phone, de dif­fu­ser du conte­nu vi­déo (jus­qu’en 4K) sur un té­lé­vi­seur en s’y bran­chant en HDMI ou de se ser­vir de ce der­nier comme écran sup­plé­men­taire, par exemple avec imo­vie, pour y dif­fu­ser son mon­tage pen­dant que l’ipad af­fiche le dé­tail des sé­quences… Avec son nou­veau bé­bé, Apple prouve donc qu’il peut en­core in­no­ver quand il le sou­haite. Ce qui était loin d’être fla­grant avec le der­nier ip­hone.

L’ap­pa­reil est-il pour au­tant ca­pable de rem­pla­cer un or­di­na­teur? Non, bien évi­dem­ment. Nous sommes sous IOS et en l’ab­sence de bu­reau, tout doit pas­ser par les ap­pli­ca­tions, ce qui rend l’en­semble des ma­ni­pu­la­tions plus la­bo­rieux. On ai­me­rait aus­si re­trou­ver l’équi­valent d’une sou­ris… Par contre, pou­voir pas­ser d’un es­pace de tra­vail à un autre sur le même écran (jus­qu’à quatre ap­pli­ca­tions en si­mul­ta­nées) est un plus in­dé­niable.

On no­te­ra aus­si le ren­du im­pec­cable des haut-par­leurs. Tou­jours au nombre de 4, ils se re­trouvent dé­sor­mais cha­cun équi­pés d’un boo­mer (pour les basses) et d’un twee­ter (pour les ai­guës) afin d’élar­gir et mus­cler la scène mu­si­cale. Le ré­sul­tat est épa­tant. Tout comme le cap­teur pho­to, do­pé à L’HDR et par la puce A12X, qui va prendre jus­qu’à 9 cli­chés pour re­com­po­ser une image la plus par­faite. Seule l’au­to­no­mie, lé­gè­re­ment en re­trait par rap­port aux pré­cé­dents mo­dèles avec en­vi­ron 8 heures à plein ré­gime, fait de l’ombre au ta­bleau.

Bref, Apple signe là une pe­tite mer­veille pour les créa­tifs. Reste que si vous vous li­mi­tez à la consul­ta­tion de sites web ou de sé­quences You­tube, l’al­ter­na­tive de l’ipad clas­sique, main­te­nant dis­po­nible à par­tir de 379 francs, est am­ple­ment suf­fi­sante.

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