Aïe, Green­peace sonne à la porte des élus fé­dé­raux

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Des membres de L’ONG se sont poin­tés au do­mi­cile de par­le­men­taires en plein week-end pour dé­fendre la loi sur le CO2. Ré­ac­tions fu­rax.

Di­manche pas­sé, vers 10 h, le conseiller na­tio­nal Jacques Bour­geois (PLR/FR) est chez lui et po­tasse tran­quille­ment les dos­siers de la ses­sion. «On sonne, tu peux ou­vrir?» lui de­mande sa femme. Quelle n’est pas sa sur­prise lors­qu’il dé­couvre sur son per­ron une mi­li­tante de Green­peace. «Elle vou­lait me par­ler de cli­mat. J’étais fu­rax. Dé­bar­quer un di­manche, à mon do­mi­cile, c’est une at­teinte à ma sphère pri­vée. C’est in­ad­mis­sible.» sont pas suf­fi­sam­ment am­bi­tieux. La loi doit être mus­clée.

«Les mi­li­tants sont donc ve­nus ap­por­ter un livre aux élus qui montre en images les ef­fets ca­tas­tro­phiques de la ca­ni­cule de cet été», pour­suit Georg Klin­gler, char­gé de cam­pagne pour Green­peace. On y voit des gla­ciers à l’ago­nie et des ri­vières as­sé­chées. «L’idée était de dé­clen­cher des dis­cus­sions à la mai­son», ajoute Jas­mine El Mul­ki.

Contre-pro­duc­tif?

Si l’en­jeu est co­los­sal, la fa­çon de faire de Green­peace passe très mal, et pas seule­ment chez les élus vi­si­tés. «Je n’étais pas au cou­rant de cette ac­tion, ré­agit Adèle Tho­rens (Verts/ VD), qui offre l’un de ses deux badges d’en­trée au Pa­lais fé­dé­ral à Green­peace. Et pour être hon­nête, je n’ai­me­rais pas que ça m’ar­rive. Quand on est po­li­ti­cien, on est abor­dé tout le temps et par­tout, dans la rue, au té­lé­phone, par mail, par cour­rier. Le seul es­pace pré­ser­vé qui nous reste, c’est notre do­mi­cile.» L’éco­lo­giste, qui se­ra en pre­mière ligne dans le dé­bat sur la loi sur le CO2, craint que cette ac­tion ne soit contre-pro­duc­tive. «On ne de­vrait pas tou­cher à la sphère pri­vée, même pour convaincre d’une noble cause. Green­peace est connue pour ses ac­tions coup-de-poing, mais je pré­fère les voir dé­ployer des ban­de­roles sur une centrale à char­bon que dé­bar­quer chez des gens à l’im­pro­viste.»

L’ONG se dé­fend. «Il y avait ur­gence à com­mu­ni­quer, et les élus ne sont chez eux que le week-end. Les vi­sites se vou­laient convi­viales et dis­crètes. Cer­tains élus se sont mon­trés aga­cés, mais d’autres étaient prêts à dis­cu­ter et ont même of­fert le ca­fé.» FLORENT QUIQUEREZ

«Si on com­mence à me har­ce­ler chez moi le wee­kend, ma sen­si­bi­li­té en­vi­ron­ne­men­tale va vite chan­ger»

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