Si rien ne bouge, le PLR Suisse de­man­de­ra l’ex­clu­sion de Pierre Mau­det en jan­vier

Le Matin Dimanche - - SUISSE - JU­LIEN CULET

Le par­ti fé­dé­ral songe à faire vo­ter les pré­si­dents can­to­naux sur le ren­voi du mi­nistre. Puis la sec­tion ge­ne­voise de­vra tran­cher.

Le PLR Suisse semble prêt à tout pour tour­ner la page Pierre Mau­det. Après avoir exi­gé sa dé­mis­sion cette se­maine, le par­ti fé­dé­ral en­vi­sage de ré­cla­mer son ex­clu­sion à la sec­tion ge­ne­voise si le conseiller d’état ne s’exé­cute pas avant jan­vier. «Se­lon les dé­ci­sions qui se­ront prises par Pierre Mau­det, nous pou­vons ima­gi­ner que ce soit l’étape sui­vante», in­dique le conseiller na­tio­nal neu­châ­te­lois Phi­lippe Bauer, rap­por­teur de la sec­tion latine du groupe par­le­men­taire.

Ce se­ra à la Confé­rence des pré­si­dents de par­ti de se pro­non­cer. Celle-ci se réunit six fois par an­née et ras­semble les di­ri­geants de l’en­semble des sec­tions can­to­nales du PLR. D’après les sta­tuts du Par­ti li­bé­ral-ra­di­cal, cette ins­tance peut «pro­po­ser à un par­ti can­to­nal l’ex­clu­sion d’un membre» (art.7 al.2). Il s’agi­ra de la der­nière carte de la for­ma­tion pour sanc­tion­ner Pierre Mau­det, pour­sui­vi pour son voyage à Abu Dha­bi. «Le par­ti fé­dé­ral ne dis­pose pas de beau­coup d’autres pos­si­bi­li­tés», re­con­naît ain­si Phi­lippe Bauer.

Ul­ti­ma­tum

L’ul­ti­ma­tum, pour le mi­nistre ge­ne­vois, est fixé à dans un peu plus d’un mois. D’ici là, il de­vra dé­mis­sion­ner, comme l’a vo­té una­ni­me­ment le co­mi­té di­rec­teur du PLR Suisse mer­cre­di, s’il ne veut pas d’un dé­bat sur son ex­clu­sion. «La pro­chaine séance est pré­vue le 11 jan­vier. L’ordre du jour se­ra éta­bli quelques jours avant», pré­cise le conseiller na­tio­nal. Si la Confé­rence des pré­si­dents de par­ti de­vait se pro­non­cer en fa­veur d’une ex­clu­sion, la dé­ci­sion re­vien­drait au PLR Ge­nève. «Un membre est af­fi­lié à un par­ti can­to­nal. La confé­rence ne peut que pro­po­ser une ex­clu­sion à une sec­tion», pré­cise Phi­lippe Bauer.

La suite de la pro­cé­dure pour ban­nir un membre est écrite dans les sta­tuts de la for­ma­tion ge­ne­voise: «L’ex­clu­sion est pro­non­cée par le co­mi­té di­rec­teur à la ma­jo­ri­té des deux tiers des membres pré­sents (art.6).» Le po­li­ti­cien concer­né a en­suite la pos­si­bi­li­té de faire re­cours au­près de l’as­sem­blée gé­né­rale.

Le pré­sident de la sec­tion can­to­nale, Alexandre de Se­nar­clens, a lâ­ché son ma­gis­trat cette se­maine en vo­tant pour la dé­mis­sion de son mi­nistre. Il re­fuse pour­tant d’en­vi­sa­ger l’ex­clu­sion de son col­lègue de par­ti, qui fut sa fi­gure de proue et sa lo­co­mo­tive élec­to­rale pen­dant des an­nées. «La pré­si­dence est ar­ri­vée à la conclu­sion que Pierre Mau­det n’était plus en me­sure de res­ter ma­gis­trat mais il s’est dé­voué pour son par­ti pen­dant vingt ans. Il n’est pas ques­tion d’en­tre­voir une ex­clu­sion, qui se­rait ex­ces­sive», as­sure Alexandre de Se­nar­clens. Le Co­mi­té di­rec­teur doit va­li­der ou non ce lun­di ma­tin l’ap­pel à la dé­mis­sion lan­cé par la pré­si­dence. Alexandre de Se­nar­clens pro­met qu’une ex­clu­sion ne se­ra tou­jours pas à l’ordre du jour, même si une très large ma­jo­ri­té de­vait s’ex­pri­mer contre le conseiller d’état.

Ce der­nier va-t-il obéir aux dé­si­rs de son par­ti? Rien n’est moins sûr. Le mi­nistre a ré­pé­té à plu­sieurs re­prises cette se­maine sa fer­vente vo­lon­té de se battre et de ne pas dé­mis­sion­ner. Il l’a no­tam­ment ré­ité­ré après avoir ren­con­tré le Co­mi­té di­rec­teur du PLR Suisse mer­cre­di à Berne. Un dé­pla­ce­ment qui a beau­coup sur­pris. L’élu avait af­fir­mé la veille qu’il ne se ren­drait pas dans la ca­pi­tale, avant de chan­ger d’avis. Reste à voir l’im­pact de la ré­vé­la­tion, hier par la «Tri­bune de Ge­nève», que le conseiller d’état au­rait bien fait dé­duire de ses im­pôts la contri­bu­tion obli­ga­toire à son par­ti, qu’il ne payait pour­tant pas. Celle-ci était ré­glée par une as­so­cia­tion de sou­tien.

À la base de sta­tuer

Pierre Mau­det semble pour l’ins­tant s’en re­mettre à la base, ses proches ayant réuni les cin­quante si­gna­tures né­ces­saires à la convo­ca­tion d’une As­sem­blée gé­né­rale ex­tra­or­di­naire qui de­vra sta­tuer sur le sort de l’élu. Elle doit se te­nir dé­but jan­vier. Face à la pres­sion qui s’ac­cen­tue, ses sou­tiens sou­haitent que la date soit avan­cée. «C’est une simple ques­tion lo­gis­tique. Il suf­fit de louer une grande salle, es­time l’un d’eux. L’uni­ver­si­té de Ge­nève s’y prête bien. Plus on at­tend, plus le par­ti va se di­vi­ser.» Alexandre de Se­nar­clens in­dique que l’or­ga­ni­sa­tion de L’AG se­ra dis­cu­tée lun­di par le Co­mi­té di­rec­teur. Mais le pré­sident pré­vient que la fin d’an­née est par­ti­cu­liè­re­ment char­gée.

Pour fi­nir, l’ul­time re­cours pour le PLR Suisse se­rait de sanc­tion­ner l’en­semble de la sec­tion ge­ne­voise. «Je ne crois pas que ce soit le genre de la mai­son d’ex­clure toute une sec­tion», ba­laie d’ores et dé­jà Phi­lippe Bauer. Ce scé­na­rio ex­trême pa­raît d’au­tant plus im­pro­bable que la pré­si­dence ge­ne­voise a adop­té la même po­si­tion que le par­ti fé­dé­ral en se dé­so­li­da­ri­sant de Pierre Mau­det.

Keystone/ Pe­ter Sch­nei­der

À la sor­tie de sa séance avec le PLR Suisse, mer­cre­di à Berne, Pierre Mau­det ré­ité­rait sa dé­ter­mi­na­tion à res­ter en place.

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