Ba­raz­zone hors course, Bar­thas­sat se voit en lo­co­mo­tive du PDC

Le Matin Dimanche - - SUISSE - JU­LIEN CULET

L’an­cien mi­nistre, dé­chu en mai, veut se pré­sen­ter au Con­seil des États. Il sou­haite ap­por­ter son ex­pé­rience à son par­ti trou­blé par le re­trait de la vie po­li­tique de Guillaume Ba­raz­zone.

Et re­voi­là Luc Bar­thas­sat! Six mois après avoir per­du sa place au Con­seil d’état ge­ne­vois, il veut se pré­sen­ter aux élec­tions fé­dé­rales de l’an pro­chain. L’an­cien mi­nistre des Tran­sports sou­haite in­té­grer le ti­cket de l’en­tente PLR-PDC pour le Con­seil des États. Il va pro­po­ser sa can­di­da­ture ce lun­di lors du Co­mi­té di­rec­teur de sa sec­tion can­to­nale. «Je vais dire clai­re­ment que je suis à dis­po­si­tion et que ce­la m’in­té­resse», an­nonce Luc Bar­thas­sat. Pour ce der­nier, il y a une place à prendre comme fi­gure du par­ti après l’an­nonce faite ven­dre­di par Guillaume Ba­raz­zone d’ar­rê­ter la po­li­tique. À cause des po­lé­miques sur son voyage à Abu Dha­bi et ses notes de frais, l’élu dans la tour­mente a dé­ci­dé de ne pas se re­pré­sen­ter au Con­seil na­tio­nal en 2019 et au Con­seil administratif de la ville de Ge­nève en 2020. «Avec Guillaume Ba­raz­zone et un conseiller d’état en moins à Ge­nève et avec le par­ti suisse qui perd des plumes, il est temps de res­ser­rer les rangs», lance Luc Bar­thas­sat.

Ce der­nier met en avant son ex­pé­rience, no­tam­ment ses huit an­nées pas­sées au Con­seil na­tio­nal, de 2005 à 2013. «J’ai de bons atouts, es­time le po­li­ti­cien PDC. Je maî­trise les dos­siers des tran­sports et trans­fron­ta­liers. À Berne, je connais tout le monde, du garde à l’en­trée du Pa­lais fé­dé­ral à la dame qui sert les ca­fés à la ré­cep­tion. Je suis prêt, je dois juste ré­vi­ser un peu mon al­le­mand.» Il af­firme par ailleurs en­core bé­né­fi­cier d’une «bonne cote dans les can­tons de Vaud, du Va­lais ou en­core de Neu­châ­tel. Et j’ai tou­jours une cer­taine mé­dia­ti­sa­tion puisque les Suisses al­le­mands conti­nuent de m’ap­pe­ler.»

Le Ge­ne­vois âgé de 58 ans af­firme vou­loir as­su­rer la tran­si­tion avec la nou­velle gé­né­ra­tion du PDC. Pour ce­la, il pro­met de n’ef­fec­tuer qu’un seul man­dat s’il est élu au Con­seil des États. «Des vieux peuvent faire la tran­si­tion sans s’ac­cro­cher. Je ne vais de toute fa­çon pas faire de la po­li­tique jus­qu’à 70 ans, ex­plique Luc Bar­thas­sat. Au PDC Ge­nève, nous avons des jeunes femmes ta­len­tueuses qui ar­rivent, comme So­phie Buchs, Del­phine Bach­mann ou en­core Marie Bar­bey, mais elles ne sont pas en­core tout à fait mûres à 100%. Il ne faut pas se pré­ci­pi­ter.»

Un coup à jouer

Pour le vé­té­ran de la po­li­tique, le mo­ment est cru­cial et il y a un coup à jouer au Con­seil des États s’il peut re­joindre le PLR Hugues Hilt­pold sur la liste de l’en­tente. Les deux élus ge­ne­vois ac­tuels, la so­cia­liste Li­liane Mau­ry Pas­quier et le Vert Robert Cra­mer, ne se re­pré­sentent en ef­fet pas. «Hilt­pold-bar­thas­sat sur un ti­cket, ça passe très bien. Nous fe­rions un beau tan­dem et nous pour­rions prendre les deux sièges, comme l’a fait la gauche pen­dant douze ans.» Il fau­drait pour ce­la battre le duo de gauche Car­lo Som­ma­ru­ga et Li­sa Maz­zone. Il voit d’ailleurs la conseillère na­tio­nale verte comme ayant «du po­ten­tiel. Mais il me semble un peu tôt pour elle d’ac­cé­der au Con­seil des États.»

Luc Bar­thas­sat de­vra tou­te­fois convaincre son par­ti de le pré­sen­ter. Pour l’ins­tant, seule Béa­trice Hirsch, an­cienne dé­pu­tée et ex-pré­si­dente du PDC Ge­nève, s’est dé­cla­rée can­di­date à la can­di­da­ture. «Elle a fait de bonnes choses mais elle n’a peut-être pas les ré­seaux né­ces­saires et a moins de po­ten­tiel au­près du PLR», sug­gère l’an­cien mi­nistre.

Le PDC ge­ne­vois vou­dra-t-il re­prendre Luc Bar­thas­sat, qui a pour­tant échoué en mai à se faire ré­élire au Con­seil d’état? Il était ar­ri­vé en hui­tième po­si­tion, à bonne dis­tance des sept vain­queurs. Con­tac­té, le pré­sident de la sec­tion can­to­nale, Vincent Maitre, a in­di­qué qu’au­cun com­men­taire ne se­ra fait avant la séance du Co­mi­té di­rec­teur.

L’an­cien mi­nistre des Tran­sports se veut en tout cas confiant en ses chances. Le vi­ti­cul­teur de for­ma­tion dit avoir re­çu de nom­breux sou­tiens en fa­veur d’un re­tour à Berne mais aus­si au Con­seil d’état ge­ne­vois. En cas de dé­mis­sion de Pierre Mau­det, la droite de­vra en ef­fet trou­ver un can­di­dat pour le rem­pla­cer lors d’une élection com­plé­men­taire. Luc Bar­thas­sat, qui pro­met qu’il ne cla­que­ra pas la porte du par­ti en cas d’échec lun­di, pour­rait alors être ten­té par un nou­veau tour de piste le mo­ment ve­nu. «J’au­rais tou­jours en moi le vi­rus de la po­li­tique, que je sois élu ou non», as­sure le Ge­ne­vois.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.