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Le Matin Dimanche - - BIEN VIVRE - EL­LEN DE MEESTER

peine les branches de houx ont-elles en­va­hi les vi­trines que deux clans se forment: d’un cô­té, les âmes en­thou­siastes qui, dès le 20 no­vembre, en­tonnent dé­jà les clas­siques de Bing Cros­by. De l’autre, celles qui ne peuvent s’em­pê­cher de re­dou­ter les pu­bli­ci­tés de Noël et les ran­gées de sa­pins touf­fus gre­lot­tant sous la neige. Ces deux groupes ir­ré­con­ci­liables par­tagent au moins un point com­mun: les fêtes de fin d’an­née et leurs sti­mu­li sen­so­riels font re­mon­ter leurs sou­ve­nirs d’en­fance.

Mais pas for­cé­ment de la même ma­nière. En 2015, des cher­cheurs de l’uni­ver­si­té de Co­pen­hague dé­cou­vraient ac­ci­den­tel­le­ment la pos­sible exis­tence d’un «es­prit de Noël», vi­sible dans le cer­veau hu­main: lors­qu’une per­sonne ha­bi­tuée à cé­lé­brer les Fêtes de­puis l’en­fance est confron­tée à des images de cartes de voeux et de dindes far­cies, son IRM ré­vèle l’ac­ti­va­tion sou­daine des ré­gions cé­ré­brales liées à la spi­ri­tua­li­té et à la re­con­nais­sance des émo­tions fa­ciales. Or, l’ac­ti­va­tion de ces aires n’est pas vi­sible chez ceux qui n’as­so­cient au­cun ri­tuel par­ti­cu­lier à la fin de l’an­née.

For­te­ment co­dée par un puis­sant ima­gi­naire com­mun, la pé­riode de Noël sol­li­cite au­to­ma­ti­que­ment la mé­moire, que ce­la nous plaise ou non: «L’an­née est tra­di­tion­nel­le­ment struc­tu­rée au­tour des Fêtes, qui re­pré­sentent l’un de nos re­pères les plus im­por­tants, rap­pelle Mar­tin Prei­sig, pro­fes­seur as­so­cié à l’uni­té de re­cherche en épi­dé­mio­lo­gie et psy­cho­pa­tho­lo­gie du CHUV. C’est pour cette rai­son que les va­cances nous four­nissent sou­vent la plu­part de nos sou­ve­nirs les plus mar­quants et les plus pré­cis.» Tous ces épi­sodes, fi­chés dans notre disque dur, sont res­sus­ci­tés via nos sens, ou par simple an­ti­ci­pa­tion de ri­tuels in­té­grés de­puis l’en­fance. Mais d’autres évé­ne­ments ou sti­mu­li tra­di­tion­nels peuvent éga­le­ment avoir un im­pact no­table sur notre men­tal.

1. Les par­fums de Noël nous em­barquent dans la nos­tal­gie

Une note de clou de gi­rofle, d’agrumes ou de va­nille, et nous em­bar­quons pour un voyage mé­lan­co­lique vers le pas­sé. «Parce que le sens de l’odo­rat est très im­por­tant pour notre sur­vie, les sen­teurs sont im­mé­dia­te­ment tra­duites en émo­tions. Ce­la per­met au cer­veau d’or­don­ner une réaction aus­si ra­pi­de­ment que pos­sible, nous ex­plique Lio­nel Lin­der, di­rec­teur de l’en­tre­prise de mar­ke­ting ol­fac­tif Arom­wave. De­puis le cer­veau rep­ti­lien, qui ré­git nos ré­ac­tions pri­mi­tives, les sen­teurs at­teignent di­rec­te­ment le cor­tex lim­bique, le centre de nos émo­tions.» Voi­là qui ex­plique pour­quoi l’odeur du vin chaud peut nous rap­pe­ler de beaux après-mi­di pas­sés en fa­mille – ou au contraire, nous trans­for­mer en un Grinch maus­sade, parce que le par­fum de l’orange épi­cée évoque le di­vorce de nos pa­rents.

«Nous sommes tous plus ou moins sen­sibles à ces odeurs qui nous rap­pellent l’en­fance et contri­buent à sti­mu­ler notre

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