Sa­laires des foot­bal­leurs Le ver­tige bri­tan­nique

En jan­vier, c’est mer­ca­to. Pour suivre la lo­gique des mou­ve­ments, plon­gée dans les ré­mu­né­ra­tions des joueurs en 2018. La Pre­mier League an­glaise et Bar­ce­lone cassent la ti­re­lire.

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL - PA­TRICK OBERLI

Près de 3,9 mil­lions de francs! Voi­là le sa­laire an­nuel moyen d’un joueur de Pre­mier League pour la sai­son en cours. Se­lon une étude* de Spor­tin­tel­li­gence.com, pu­bliée fin 2018, le cham­pion­nat an­glais a en­core confor­té son sta­tut de lea­der mon­dial en termes de ré­mu­né­ra­tion. C’est 36% de plus que la Li­ga es­pa­gnole, près du double de la Se­rie A ita­lienne et de la Bun­des­li­ga al­le­mande, alors qu’en France, les joueurs de Ligue 1 ne re­çoivent qu’un tiers de la ré­mu­né­ra­tion de leurs ho­mo­logues «bri­tan­niques» (voir gra­phique ci-des­sus).

Ces écarts énormes de­viennent abys­saux dès que l’on sort du gi­ron des «Big 5», les cinq grandes ligues eu­ro­péennes. Deux exemples par­mi les 68 pays ana­ly­sés par l’ins­ti­tut: en Suisse, pour­tant pas si mal lo­tie, le sa­laire moyen (320 000 francs par an) est 12,2 fois in­fé­rieur à ce­lui de l’an­gle­terre, alors qu’il est même 97 fois in­fé­rieur en Ser­bie (41 700 francs), na­tion pour­tant ré­pu­tée pour la qua­li­té de ses joueurs.

À l’heure où les mil­lions du mer­ca­to d’hi­ver s’ap­prêtent à tom­ber comme des flo­cons, cet ins­tan­ta­né met en lu­mière le fos­sé tou­jours plus im­por­tant entre les cham­pion­nats dits «mon­dia­li­sés» et les autres. L’étude de Spor­tin­tel­li­gence.com ré­vèle éga­le­ment des sur­prises, à l’image de la pré­sence dans le haut du ta­bleau de l’ara­bie saou­dite, qui tra­duit une vo­lon­té géo­po­li­tique de briller par le foot­ball, en of­frant des ponts d’or (près de 500 000 francs an­nuels) dans un cham­pion­nat sans au­cune vi­si­bi­li­té. De quoi ex­pli­quer cer­tains mou­ve­ments sur­pre­nants, comme ce­lui, ré­cent, de l’ivoi­rien Sé­kou Sa­no­go: le mi­lieu de ter­rain a quit­té Young Boys juste avant Noël pour re­joindre Al-it­ti­had, alors même que L’AS Mo­na­co et la Ro­ma avaient mar­qué leur in­té­rêt.

Si l’an­gle­terre ca­ra­cole en tête du clas­se­ment par pays, cô­té clubs, les lea­ders an­glais s’in­clinent de­vant les géants es­pa­gnols. Avec un sa­laire moyen an­nuel par joueur de 13,6 mil­lions, le FC Bar­ce­lone est même re­de­ve­nu le cham­pion du monde tous sports et ligues confon­dus, dé­lo­geant les géants du bas­ket amé­ri­cain qui ca­ra­co­laient en tête en 2017. Il faut dire que le Bar­ça a vé­cu un exer­cice in­tense avec, entre autres dé­penses, les re­va­lo­ri­sa­tions des contrats de Lio­nel Mes­si, Ge­rard Pi­qué, Sa­muel Umi­ti­ti et Ser­gio Bus­quets. Il de­vance le Real Ma­drid (10, 5 mios), la Ju­ven­tus (8,7 mios), Man­ches­ter Uni­ted (8,5 mios), le Bayern (8,2 mios). L’at­lé­ti­co Ma­drid (8 mios), le PSG (7,9 mios), Man­ches­ter Ci­ty (7,8 mios) et Chel­sea (6,5 mios) com­plètent ce «top 10» de la dé­me­sure.

Énormes écarts à l’in­té­rieur des ligues

Mais les in­éga­li­tés ne se lisent pas qu’entre pays. À l’in­té­rieur même des ligues, les dis­pa­ri­tés sont éga­le­ment énormes. La palme du grand écart re­vient à la France, où le sa­laire moyen an­nuel of­fert par le Pa­ris Saintger­main à ses joueurs est 26,6 fois su­pé­rieur à ce­lui de Nîmes. En Al­le­magne, les stars du Bayern gagnent en moyenne 20,5 fois plus que les tâ­che­rons de Nu­rem­berg. Un mul­tiple à peine su­pé­rieur à ce­lui qui existe en Es­pagne entre le Bar­ce­lone et Val­la­do­lid (19,1). Quant aux ré­mu­né­ra­tions de la Ju­ven­tus, boos­tées par Cris­tia­no Ro­nal­do, elles sont 16 fois su­pé­rieures à celle d’em­po­li.

Pa­ra­doxa­le­ment, l’écart est le moins im­por­tant dans la ligue la plus riche, puis­qu’en An­gle­terre, Man­ches­ter Uni­ted ne paie que 6,1 fois plus que Car­diff. Comme le re­lèvent les au­teurs de l’étude, ces dis­pa­ri­tés existent par­tout. Sauf peut-être en Aus­tra­lie, qui af­fiche le cham­pion­nat fi­nan­ciè­re­ment le plus équi­li­bré avec un ra­tio de 1,14. Constat in­té­res­sant: cet équi­libre sa­la­rial semble re­jaillir sur la com­pé­ti­tion elle-même. Ce n’est peu­têtre pas un ha­sard si sept équipes dif­fé­rentes sont de­ve­nues cham­pionnes au cours des dix der­nières an­nées.

* Glo­bal sports sa­la­ries sur­vey 2018

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.