Les chiens se­raient ca­pables d’éva­luer leurs propres connais­sances

Entre chiens et chats La chro­nique des ani­maux do­mes­tiques

Le Matin Dimanche - - NATURE -

Les chiens se­raient ca­pables de mé­ta­cog­ni­tion. En­ten­dez par là qu’ils se­raient en me­sure de pen­ser à leurs propres pen­sées, et donc de se rendre compte quand ils ne savent pas! Tels sont les pre­miers ré­sul­tats d’une étude me­née par des cher­cheurs du la­bo­ra­toire Dog­stu­dies de l’ins­ti­tut Max Planck, à Franc­fort. Pour par­ve­nir à cette conclu­sion, qui pla­ce­rait les ca­ni­dés do­mes­tiques au même ni­veau que les hommes, les pri­mates, les rats, les cor­vi­dés et les dau­phins en la ma­tière, les scien­ti­fiques ont ob­ser­vé le com­por­te­ment de 48 chiens de tous âges et de toutes races après avoir ca­ché une ré­com­pense (un jouet et dif­fé­rents types de frian­dises) der­rière l’une des deux bar­rières pré­sentes pen­dant l’ex­pé­rience. Cer­tains chiens ont pu voir où elle était dis­si­mu­lée, d’autres pas. Les chiens qui n’avaient rien pu ob­ser­ver en amont se sont mis à cher­cher des in­for­ma­tions sup­plé­men­taires, ce qui irait dans le sens de la théo­rie se­lon la­quelle l’ins­tinct des chiens les pousse sys­té­ma­ti­que­ment à cher­cher d’autres in­for­ma­tions. Pour la contre­dire, Ju­liane Bräuer, res­pon­sable de l’étude, a alors tes­té l’«ef­fet pas­se­port», qui montre que les ani­maux ca­pables de mé­ta­cog­ni­tion re­doublent d’éner­gie au mo­ment de tra­quer quelque chose d’im­por­tant à leurs yeux – à l’ins­tar d’un pas­se­port per­du dans le cas d’un hu­main. Et les chiens ont bel et bien prou­vé qu’ils ne s’ac­ti­vaient pas de la même ma­nière qu’il s’agis­sait de trou­ver un jouet ou des frian­dises.

Les bio­lo­gistes ne concluent pas pour au­tant de ma­nière dé­fi­ni­tive que les chiens pos­sèdent cette fa­cul­té. Avant de pou­voir af­fir­mer avec cer­ti­tude qu’ils sont ca­pables d’éva­luer leurs propres connais­sances, Ju­liane Bräuer et ses col­lègues de­vront en­core pro­cé­der à d’autres ex­pé­riences – no­tam­ment afin de dé­ter­mi­ner dans quelles cir­cons­tances ils font da­van­tage ap­pel à leur vue qu’à leur

odo­rat, un sens très im­por­tant pour eux. Les cher­cheurs se sont ain­si ren­du compte qu’ils ne savent de loin pas tout des chiens! FRÉ­DÉ­RIC REIN

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