Une his­toire dans l’his­toire

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL -

Mais pour­quoi, au fait, les joueurs ont-ils un jour été iden­ti­fiés par des chiffres?

Dès lors qu’il s’agit de se plon­ger dans les ar­chives, au­tant de­man­der à quel­qu’un dont c’est le mé­tier. «Les nu­mé­ros de joueurs sont ap­pa­rus du­rant l’entre-deux-guerres», nous in­dique Phi­lippe Von­nard, doc­teur ès Sciences en sciences du sport et de l’édu­ca­tion phy­sique à l’uni­ver­si­té de Lau­sanne.

«La né­ces­si­té de por­ter un nu­mé­ro est ar­ri­vée avec la mé­dia­ti­sa­tion. Dès la fin des an­nées 1920, des par­ties com­mencent à être ra­dio­dif­fu­sées, ce qui né­ces­site un moyen de re­con­naître les joueurs. Jus­qu’à il y a en­vi­ron une tren­taine d’an­nées, le nu­mé­ro des joueurs cor­res­pon­dait à un po­si­tion­ne­ment sur le ter­rain et n’était pas at­tri­bué à un in­di­vi­du, mais au ti­tu­laire du poste. Les in­no­va­tions tac­tiques, de­puis les an­nées 70, ont fait bou­ger les lignes. Au­pa­ra­vant, le No 3 était un ar­rière la­té­ral dont la vo­ca­tion était de dé­fendre. Or, de nos jours, ce n’est plus le cas, un la­té­ral peut se re­trou­ver à l’aile si son équipe at­taque. La Coupe du monde de 1994 a aus­si, sans doute, joué un rôle im­por­tant dans le fait que les maillots ne vont plus de 1 à 11. Les joueurs des équipes na­tio­nales s’y sont vus at­tri­buer le même nu­mé­ro pour toute la du­rée du tour­noi, comme c’est le cas do­ré­na­vant pour toute la sai­son dans les cham­pion­nats na­tio­naux. Cette si­tua­tion bé­né­fi­cie ain­si aux af­faires du foot­ball: chaque star pos­sède son nu­mé­ro fé­tiche. Or la vente de maillots des grands clubs est une opé­ra­tion fi­nan­cière im­por­tante. Cette si­tua­tion ré­vèle aus­si l’in­di­vi­dua­li­sa­tion crois­sante de ce sport col­lec­tif.»

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