Va­lé­rie Ka­pris­ky se re­fait une san­té à la té­lé

Ex-sex-sym­bol du ci­né­ma G fran­çais dans les an­nées 80, l’ac­trice re­vient au pre­mier plan grâce à un rôle de jour­na­liste rock’n’roll dans «Un si grand so­leil», tous les jours sur France 2.

Le Matin Dimanche - - PEOPLE - ANNE-CA­THE­RINE RE­NAUD

Au­jourd’hui, elle a les che­veux blonds, ses yeux verts tou­jours pé­tillants, mais un re­gard plus pé­né­trant… et cette éter­nelle sil­houette de rêve. À 56 ans, Va­lé­rie Ka­pris­ky ne fait pas son âge. Le temps a ou­blié de lui de­man­der des comptes. Sa beau­té est bou­le­ver­sante, parce qu’on sent qu’elle a mû­ri. C’est elle l’atout star du feuille­ton quo­ti­dien de France 2, «Un si grand so­leil». Et un si grand dé­fi pour celle qui re­vient de loin, qui trim­balle un par­cours écrit entre grand et pe­tit écran, et une tra­ver­sée du dé­sert aus­si. En jour­na­liste bi­sexuelle et casse-cou – elle qua­li­fie el­le­même son per­son­nage de «rock’n’roll» – la co­mé­dienne trouve un rôle de com­po­si­tion à sa me­sure. Elle est l’une des hé­roïnes les plus réus­sies du cas­ting. Et la sé­rie, lan­cée en sep­tembre der­nier et qui compte dé­jà plus de 235 épi­sodes, est un suc­cès d’au­dience, ta­lon­nant «Plus belle la vie» sur France 3, avec en­vi­ron

3,92 mil­lions de fans fran­çais.

Pour­tant, pen­dant long­temps, Va­lé­rie Ka­pris­ky a souf­fert de son image d’agui­cheuse en bi­ki­ni. Im­pos­sible de re­ti­rer l’éti­quette de femme fa­cile, ta­touée sur sa peau de­puis ses dé­buts. Certes pour se faire un pré­nom, la dé­bu­tante n’avait pas hé­si­té à dé­voi­ler ses seins, no­tam­ment sur l’af­fiche d’«une femme pu­blique» ou dans «L’an­née des mé­duses», deux films tour­nés en 1984, quand elle avait 22 ans.

De la pu­deur en pâ­ture

À l’époque, Miss Ka­pris­ky était la jou­ven­celle, fraî­che­ment dé­bar­quée du Cours Florent, qui don­nait la ré­plique à des stars comme Fran­cis Hus­ter et Ber­nard Gi­rau­deau. Elle avait l’aplomb de sa jeu­nesse. La cri­tique n’a pour­tant pas été tendre avec elle. Mais por­tée par son dé­sir d’éga­ler Ro­my Schnei­der, son idole, elle a mul­ti­plié les rôles et en­chaî­né les films avec fougue. Dans les an­nées 80, elle est de­ve­nue le nou­veau sex-sym­bol fran­çais. Or le pu­blic a fi­ni par l’as­so­cier à ses per­son­nages de jeune femme sul­fu­reuse et sé­duc­trice. Le piège du suc­cès s’est re­fer­mé sur elle. Après l’avoir si sou­vent désha­billée face aux ca­mé­ras, les réa­li­sa­teurs ne lui de­man­daient plus que ça. «À cette époque de li­bé­ra­tion sexuelle as­su­mée,

80% des rôles fé­mi­nins étaient dé­nu­dés», ex­plique Va­lé­rie Ka­pris­ky dans

«Ga­la». Elle craint de man­quer un rôle im­por­tant et se plie à tout. Mais jouer nue, elle n’en pou­vait plus. Elle de­vient une ob­sé­dée du poids, re­double de crises d’an­goisse. Un jour, un ami ap­pelle les pom­piers parce qu’elle s’est éva­nouie. La femme pu­blique est en fait une femme pu­dique. Com­mence alors une longue psy­cho­thé­ra­pie dans les an­nées 90.

Coup de foudre à 37 ans

Ka­pris­ky a sau­vé son âme parce qu’elle a sau­vé son corps. Elle a conti­nué à tour­ner, mais en fai­sant des choix dras­tiques, re­fu­sant toute scène d’amour. Le ci­né­ma fran­çais la met sur la touche? Qu’im­porte, elle fait des films à l’étran­ger et tourne pour le pe­tit écran: «La té­lé m’a per­mis de mû­rir en m’of­frant une autre gamme de rôles», dit-elle dans «Le Fi­ga­ro».

Au bout de sept ans d’ana­lyse, l’ac­trice ren­contre l’homme de sa vie: un com­po­si­teur de mu­sique de do­cu­men­taires. Coup de foudre et ma­riage. En 2019, ce­la fe­ra vingt ans qu’ils sont en­semble. «C’est un homme pro­fon­dé­ment gen­til. Je n’ai pas pu avoir d’en­fant, alors je suis belle-mère et je m’im­plique, ce­la me va très bien», confie la dis­crète.

Ber­trand Rin­doff Pe­troff/pierre Suu/get­ty To­ny Bar­son/get­ty Fa­bien Ma­lot/ftv Les films de la tour Pho­to Etienne GEORGE Pho­to 12/Ala­my Etienne George/afp Etienne GEORGE/NP/SI­PA

À Ro­land-gar­ros, le 27 mai 2018, Va­lé­rie Ka­pris­ky est ac­com­pa­gnée par son beau-fils Lu­cas Ste­pha­nik. «Je m’im­plique dans mes re­la­tions avec mes beauxen­fants, vu que je n’ai pas pu avoir de bé­bé.» Dans «Un si grand so­leil», du lun­di au ven­dre­di sur France 2, elle in­ter­prète Jo, une jour­na­liste bi­sexuelle qui en­quête sur une his­toire de meurtre. «Aphro­dite» (1982) Va­lé­rie Ka­pris­ky al­terne cos­tumes et désha­billés dans ce film éro­tique soft, ins­pi­ré d’un ro­man. «À bout de souffle, made in USA» (1983) Ka­pris­ky ob­tient son pre­mier rôle im­por­tant dans ce re­make du film épo­nyme de Jean-luc Go­dard, avec Ri­chard Gere. «La femme pu­blique» (1984) Ce film d’au­teur d’an­dr­zej Zu­laws­ki, avec Fran­cis Hus­ter, per­met à l’ac­trice d’être nom­mée aux Cé­sars. «L’an­née des mé­duses» (1984) Sé­duc­trice et ma­ni­pu­la­trice aux cô­tés de Ber­nard Gi­rau­deau, Va­lé­rie Ka­pris­ky est taxée de femme fa­tale.

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