Ca­na­li­ser les émo­tions de Ju­nior

Un guide ap­prend aux pa­rents à mieux com­prendre et gé­rer les tem­pêtes émo­tion­nelles de leur pro­gé­ni­ture.

Le Matin Dimanche - - PSYCHOLOGIE - FA­BIENNE ROS­SET

Avoir les nerfs qui lâchent quand son en­fant se roule par terre en hur­lant à la caisse du su­per­mar­ché, c’est un clas­sique. Après l’ex­plo­sion émo­tion­nelle, par­fois li­bé­ra­trice, tout le monde s’en veut, sur­tout si les ba­dauds en ra­joutent une couche avec des re­marques mo­ra­li­santes. Pour faire face à ce genre de si­tua­tions, comme dans les phases de tris­tesse ou de peur, la so­phro­logue fran­çaise spé­cia­li­sée dans le sou­tien à la pa­ren­ta­li­té Lau­ra Cal­di­ro­ni livre des ou­tils pra­tiques. Pas seule­ment pour les pé­riodes de crise, mais aus­si pour les pe­tites fric­tions usantes qui émaillent la re­la­tion pa­rents-en­fants. Une vé­ri­table mode d’em­ploi pour mieux se com­prendre et ca­na­li­ser. Ex­pli­ca­tions en cinq points.

Ac­cep­ter de l’ac­com­pa­gner

Si les en­fants ont du mal à contrô­ler leurs émo­tions, c’est parce que leur cer­veau est im­ma­ture. Jus­qu’à l’âge de 20 ans. Ce qui laisse une marge de ma­noeuvre plu­tôt large pour ap­prendre à gé­rer avec lui ses hauts et ses bas émo­tion­nels. «Il n’est pas en me­sure de gé­rer l’en­semble des émo­tions qui af­fluent en lui tant que son cer­veau n’a pas at­teint sa pleine ma­tu­ri­té, écrit la spé­cia­liste. Il a be­soin d’être ac­com­pa­gné par un adulte pour ne pas être en­va­hi et dé­bor­dé par ses émo­tions, pour ca­na­li­ser son éner­gie et pour ap­prendre à ex­pri­mer ses be­soins.»

Iden­ti­fier ses émo­tions avec lui

La pre­mière étape pra­tique consiste donc à s’as­seoir avec lui pour en dis­cu­ter et abor­der le su­jet de ma­nière lu­dique. L’au­teur pro­pose par exemple de jouer à un Me­mo­ry des émo­tions, avec des cartes pré­dé­cou­pées mises à dis­po­si­tion dans le livre: à chaque paire réa­li­sée, l’en­fant ou le pa­rent doit ra­con­ter une si­tua­tion en re­la­tion avec la tris­tesse, la joie, la sur­prise, etc. Ou de mi­mer des scènes de co­lère, de ja­lou­sie. L’idée? Ar­ri­ver en­semble à créer une sorte de code per­son­nel de dé­tec­tion cor­po­relle des émo­tions vé­cues avec des signes tels que rou­gis­se­ment, po­si­tion du corps, gri­maces. Des exer­cices qui donnent des clés au­tant pour an­ti­ci­per les crises des en­fants que pour qu’ils puissent dé­co­der sur le vi­sage de leurs pa­rents quand ils poussent trop le bouchon.

Choi­sir le bon mo­ment

Pour s’en­traî­ner à désa­mor­cer les dé­bor­de­ments d’émo­tions, la so­phro­logue en­cou­rage à trou­ver le bon mo­ment et les meilleures condi­tions pour le faire. On évite ain­si le re­tour de l’école, où Ju­nior est sou­vent en mode dé­com­pres­sion. Et si on est soi-même ten­du, on évite d’en­ta­mer la dis­cus­sion sur la cause de la crise de la veille: on prend le temps de res­pi­rer ou de re­por­ter.

Ré­duire la fré­quence des crises

Stress, joie, an­goisse: la so­phro­logue pro­pose des fiches pra­tiques pour chaque émo­tion, his­toire de sa­voir les ex­pli­quer avec des mots simples. Et sur­tout des exer­cices à ré­pé­ter lors­qu’elles s’ex­priment: créer une bulle de sé­cu­ri­té au­tour de soi avec les bras, chas­ser les nuages noirs en souf­flant fort, uti­li­ser un «cous­sin de la co­lère» comme dé­fou­loir. Se­lon la spé­cia­liste, ces exer­cices ré­pé­tés aident à di­mi­nuer la fré­quence des crises et donc à ré­gu­ler la ges­tion des émo­tions en­fan­tines.

Évi­ter les dé­bor­de­ments

Bien dor­mir, faire du sport, man­ger de fa­çon équi­li­brée… une fois qu’on a ap­pris à iden­ti­fier puis à ca­na­li­ser les émo­tions, reste à main­te­nir un équi­libre pour son bien-être men­tal et phy­sique. Lau­ra Cal­di­ro­ni pro­pose des exer­cices de re­laxa­tion grâce à un ani­mal ma­gique que l’en­fant doit ima­gi­ner et vi­sua­li­ser pour dé­tendre tout son corps, par exemple, ou de tout sim­ple­ment éta­blir une rou­tine – «câ­lins, école, do­do» – pour se si­tuer dans le temps et se ras­su­rer en an­ti­ci­pant sans se lais­ser dé­bor­der.

Ri­chard Bro­cken/hh/laif

Jus­qu’à l’âge de 20 ans, le cer­veau, im­ma­ture, peine à contrô­ler les émo­tions.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.