Le boom du ski de ran­do

Long­temps ré­ser­vée à une élite, la dis­ci­pline se dé­mo­cra­tise grâce à l’ap­pa­ri­tion de do­maines ba­li­sés.

Le Matin Dimanche - - SPORT POUR TOUS - SIMON MEIER simon.meier @le­ma­tin­di­manche.ch Photos DR -Keys­tone

On dit ski-al­pi­nisme, quand Yan­nick Ecoeur en parle. Parce que le garde-fron­tière va­lai­san en a fait un do­maine d’ex­per­tise et de com­pé­ti­tion – à 37 ans, le jeune pa­pa dis­pute sa der­nière sai­son de Coupe du monde. Mais ski-al­pi­nisme, ça peut faire peur comme nom. Alors on dit aus­si ski de ran­don­née. Les pos­si­bi­li­tés de s’y adon­ner se multiplient. «Comme le prouve le suc­cès de la Pa­trouille des Gla­ciers, c’est le seul sec­teur du ski qui connaît un es­sor», té­moigne Romain Da­niel, d’an­ni­viers Tou­risme, qui a gen­ti­ment at­ten­du nos restes dans la mon­tée de l’ill­horn, l’une des cinq pistes du do­maine qui a vu le jour cet hi­ver entre Chan­do­lin et Saint­luc (lire ci­des­sous).

Qui dit ac­ces­si­bi­li­té ac­crue et sé­cu­ri­sa­tion qua­si par­faite, dit dé­mo­cra­ti­sa­tion, sur­tout si l’on ajoute la gra­tui­té de l’ac­ti­vi­té – hors ma­té­riel. Une dé­mo­cra­ti­sa­tion qui ra­vit même les pu­ristes. «Ces do­maines ba­li­sés, c’est l’ave­nir, c’est aus­si une fa­çon de res­pec­ter la faune et la na­ture, s’en­thou­siasme Yan­nick Ecoeur, am­bas­sa­deur du Ran­do Parc de Mor­gins. Avant, le ski-al­pi­nisme né­ces­si­tait beau­coup de connais­sances, une lo­gis­tique – il fal­lait tou- jours être en groupe. Là, on peut y al­ler seul après sa journée de tra­vail, re­des­cendre par les pistes comme si l’on fai­sait un tour à vé­lo ou un jog­ging.»

L’af­faire né­ces­site un ma­té­riel (voir ci-des­sous), les couches adé­quates et un mi­ni­mum de condi­tion phy­sique – c’est ça qui nous a man­qué. Comme chaque er­reur dé­bouche sur un pro­grès, on se per­met de pro­di­guer l’as­tuce suivante: la croûte au fro­mage à l’an­ni­viarde, il vaut mieux la dé­gus­ter après qu’avant l’ef­fort; si­non c’est toi qui dé­gustes.

Mais écou­tons les conseils de Yan­nick Ecoeur: «Il faut com­men­cer par des par­cours ac­ces­sibles, en adé­qua­tion avec ses moyens. C’est un sport de fai­néants: il faut traî­ner les pieds, ne ja­mais perdre le contact entre ski et neige, si­non les jambes sou­lèvent du poids en plus. Pour pou­voir tra­vailler, pro­gres­ser, vous ne de­vez pas vous mettre dans le rouge. Il faut res­ter dans une cer­taine zone de confort, vous de­vez être ca­pable de par­ler avec quel­qu’un en même temps que vous avan­cez.»

L’autre jour, dans la «moyen­ne­ment dif­fi­cile» as­cen­sion de l’ill­horn, loin, très loin du som­met, on a vite per­du tout sens de la conver­sa­tion. Plus trop goût à la bou­tade. «Vous re­vien­drez», ex­horte Romain Da­niel, qui au­rait pré­fé­ré nous mon­trer la vue sur les 4000 sans avoir re­cours au té­lé­siège. «Pour pro­gres­ser, il vaut mieux le faire deux fois par se­maine qu’une fois par mois», pré­co­nise Yan­nick Ecoeur.

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