Même bat­tue par la Rus­sie, la Suisse a ga­gné le droit de croire en l’ave­nir

L’as­su­rance de Jé­rôme Kym, 15 ans, et le ni­veau de jeu d’hen­ri Laak­so­nen ont don­né du re­lief à ce pre­mier tour de Coupe Da­vis.

Le Matin Dimanche - - TENNIS -

Que res­te­ra-t-il dans quinze ans de cette pre­mière ren­contre de la «nou­velle Coupe Da­vis», per­due lo­gi­que­ment mais avec les hon­neurs contre la Rus­sie (1-3)? Peut-être nous sou­vien­drons-nous d’un fris­son un peu moins long mais réel. Même sur deux jours et en deux sets ga­gnants, la «Doyenne» a su conser­ver son charme le plus dé­rou­tant; cette part d’ir­ra­tion­nel qui fait croire aux mi­racles. Hier, l’es­pace de quelques mi­nutes, même le plus sage des fans de ten­nis s’est mis à éva­luer les chan- ces de Marc-an­drea Hüs­ler ou de Jé­rôme Kym dans un cin­quième match dé­ci­sif face à Da­niil Med­ve­dev (16e joueur mon­dial). C’est dire si la ma­gie de la Coupe Da­vis n’est pas en­core to­ta­le­ment dis­si­pée.

La grande pre­mière de Kym

Avec un peu d’ima­gi­na­tion et un soup­çon d’op­ti­misme, cette ren­contre pour­rait aus­si res­ter comme «la grande pre­mière» de Jé­rôme Kym. Le ga­min – 16 ans le 12 fé­vrier – a beau im­pres­sion­ner le mi­cro­cosme suisse de­puis quelques an­nées (cham­pion du monde par équipe U14), il n’a ni point ATP ni vé­ri­table vé­cu sur le cir­cuit ju­nior U18. C’est dire si le trans­for­mer en plus jeune sé­lec­tion­né de l’his­toire était une dé­ci­sion cou­ra­geuse. «J’ai ai­mé son in­ten­si­té à l’en­traî­ne­ment, ex­pli­quait le ca­pi­taine, Se­ve­rin Lü­thi. Il a les pieds sur terre, il sait ce qu’il veut. Pe­tit à pe­tit, je me suis dit qu’il pos­tu­lait pour une place de ti­tu­laire.» Une in­tui­tion de­ve­nue évi­dence lorsque son éner­gie, as­so­ciée à la so­li­di­té de Laak­so­nen, of­frait le point du double à la Suisse.

Cette in­tui­tion est aus­si à mettre au cré­dit d’hen­ri Laak­so­nen, le­quel a pous­sé pour jouer avec Kym. Un in­ves­tis­se­ment qui ra­conte beau­coup sur la place qu’a pris le Schaff­hou­sois dans l’équipe. Tout proche de battre Med­ve­dev puis Kha­cha­nov, «Ice Hen­ri» a trans­for­mé son ser­vice du­rant l’hi­ver et son ni­veau de jeu a pris l’as­cen­seur. «Il n’a ja­mais été aus­si fort, va­li­dait «ca­pi­taine Seve». Je pense que de belles choses vont ar­ri­ver.» Le ca­pi­taine par­lait de son lea­der. Mais avec un peu plus de pa­tience, cette pré­dic­tion pou­vait s’ap­pli­quer à l’en­semble de l’équipe. M. A.

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