Une app mo­bile évite la pou­belle à 145 000 re­pas

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE -

Grâce à Too Good To Go, les com­mer­çants peuvent écou­ler leurs in­ven­dus en les re­ven­dant à pe­tits prix au lieu de les je­ter.

Plus de deux mil­lions de tonnes de nour­ri­ture fi­nissent à la pou­belle chaque an­née en Suisse, soit un bon tiers de ce qui est pro­duit. Pour lut­ter contre ce gas­pillage ali­men­taire, l’ap­pli­ca­tion mo­bile Too Good To Go ar­rive à la res­cousse. En fran­çais «trop bon pour être je­té», son prin­cipe est simple: per­mettre aux com­mer­çants d’écou­ler leurs in­ven­dus en les pro­po­sant chaque jour à prix ré­duit au lieu de les je­ter. De­puis 2016, l’ap­pli­ca­tion a été té­lé­char­gée près de 170 000 fois et a per­mis de sau­ver plus de 145 000 re­pas du gâ­chis.

En quelques clics, le consom­ma­teur peut ain­si sé­lec­tion­ner une en­seigne proche de chez lui et ré­ser­ver un pa­nier sur­prise, bé­né­fi­ciant de ra­bais pou­vant al­ler jus­qu’à 50%. Il ne lui reste plus qu’à pas­ser cher­cher son re­pas à l’heure in­di­quée. Ce concept de ré­cu­pé­ra­tion se­rait tri­ple­ment ga­gnant pour So­phie Fayet, porte-pa­role de Too Good To Go en Suisse. «Les com­mer­çants bé­né­fi­cient de vi­si­bi­li­té et li­quident leurs sur­plus. Les consom­ma­teurs pro­fitent de nour­ri­ture à pe­tits prix, et tout ce­la se fait dans le res­pect des res­sources de notre pla­nète», af­firme la jeune femme. Au pas­sage, la firme pré­lève une com­mis­sion sur les ventes afin de fi­nan­cer ses ac­tions, sans en pré­ci­ser le mon­tant.

L’unique hic de l’ap­pli­ca­tion: im­pos­sible de sa­voir à l’avance ce que l’on ob­tien­dra comme re­pas. L’idée sé­duit tout de même quelque 50 000 uti­li­sa­teurs ré­gu­liers, ma­jo­ri­tai­re­ment en Suisse alé­ma­nique où le ré­seau de par­te­naires de Too Good To Go est plus dé­ve­lop­pé. En Ro­man­die, l’ap­pli­ca­tion fonc­tionne plu­tôt dans les grandes villes. «Nous fai­sons notre pos­sible pour ré­pondre à la de­mande crois­sante par­tout», ex­plique So­phie Fayet. L’en­tre­prise pré­voit de se dé­ve­lop­per à Sion et à Neu­châ­tel.

Des dé­buts dif­fi­ciles

Le suc­cès n’a pour­tant pas tou­jours été au ren­dez-vous pour l’ap­pli­ca­tion an­ti­gas­pillage. Créée par une start-up au Da­ne­mark, elle a été lan­cée une pre­mière fois dans notre pays en 2016. À son ar­ri­vée, Too Good To Go a réuni plu­sieurs par­te­naires adeptes de bonnes ac­tions pour la pla­nète. Mais le pro­jet a avor­té de ma­nière pré­coce, les ins­ti­ga­teurs de la fi­liale suisse ayant aban­don­né le pro­jet en rai­son de dis­cor­dances avec Too Good To Go, se­lon So­phie Fayet. Flore Mar­tin­son fai­sait par­tie de cette équipe et sou­ligne plu­tôt un manque de fi­nan­ce­ment et de pro­fes­sion­na­lisme: «Il y avait tout pour bien faire mais c’était com­pli­qué car nous étions tous bé­né­voles.» Deux ans plus tard, une nou­velle troupe s’est consti­tuée pour re­prendre le flam­beau et faire re­naître l’ini­tia­tive de ses cendres. Pied au plan­cher, les par­te­naires se mul­ti­plient de­puis lors, avec de grands noms comme Coop, Mi­gros, Glo­bus ou Ma­nor.

Too Good To Go sou­haite être pré­sente «par­tout où il y a du gas­pillage». La sen­si­bi­li­sa­tion est aus­si l’une de ses prio­ri­tés car 20% du gas­pillage pro­vient des mé­nages. Elle sou­haite in­for­mer la po­pu­la­tion de la si­gni­fi­ca­tion des dates de pé­remp­tion ou des ma­nières de don­ner une se­conde vie aux restes qui traînent au fri­go. VIR­GI­NIE MA­RET

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