Chère Jac­que­line de Quat­tro,

Le Matin Dimanche - - CHRONIQUES - Pe­ter Ro­thenbüh­ler Jour­na­liste

J’at­tends avec im­pa­tience la mise en vi­gueur de votre nou­velle loi in­ter­di­sant la pu­bli­ci­té sexiste sur les af­fiches, dont on parle de­puis six ans dé­jà. Après le Conseil d’état, la Com­mis­sion du Grand Conseil vient de la sou­te­nir et le par­le­ment va sû­re­ment la vo­ter. Après, on va bien ri­go­ler. Parce que ce genre de cen­sure des mé­dias se­lon des cri­tères mal dé­fi­nis fi­nit tou­jours par se mordre la queue: lorsque votre com­mis­sion re­com­man­de­ra aux com­munes d’in­ter­dire une pub ju­gée sexiste, elle se­ra à la une de tous les mé­dias, le len­de­main, et toute la Suisse va se mo­quer des Vau­dois. Et ce se­ra bien fait pour les es­prits cha­grins qui ont eu l’idée de cette loi inu­tile. Vous al­lez donc créer une com­mis­sion d’ex­perts du fé­mi­nisme, de l’éthique, de l’es­thé­tique, etc., qui dé­ci­de­ront, à par­tir de quel ni­veau de pro­fon­deur, le dé­col­le­té d’une jo­lie fille sur une af­fiche est sexiste, et si une belle paire de fesses d’un mâle dé­passe les li­mites. Je vous sou­haite bien du plai­sir. D’ailleurs, vous sem­blez mal connaître le fonc­tion­ne­ment de la pu­bli­ci­té: les créa­teurs d’af­fiches veulent vendre, sur­tout aux femmes qui dé­cident des bud­gets de consom­ma­tion. Et ils se gardent, dé­jà, de pro­duire des pubs qui dé­plaisent aux femmes. La loi du mar­ché règle beau­coup de pro­blèmes, même les faux.

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