Feuz perd à la lo­te­rie

Le Matin Dimanche - - SKI ALPIN -

Grosse frus­tra­tion pour le Ber­nois lors de la des­cente dis­pu­tée dans des condi­tions «idéales» pour les Nor­vé­giens

For­cé­ment que dans le coin des vain­queurs ou dans le pu­blic, c’était une évi­dence: il fal­lait cou­rir, même avec le vent dans le dos, un brouillard ré­dui­sant consi­dé­ra­ble­ment la vi­si­bi­li­té et des gros flo­cons. «De toute ma­nière, nous sommes tous consi­dé­rés comme des bêtes de cirque» Très re­mon­té, l’ita­lien Mat­teo Mar­sa­glia n’a pas com­pris, comme une ma­jo­ri­té des cou­reurs, pour­quoi cette pa­ro­die de des­cente n’a pas été re­por­tée comme il y a deux ans à Saint-mo­ritz lorsque le fa­meux Ser­pent de Ma­lo­ja (un gros brouillard te­nace) avait vo­lé la ve­dette aux stars du cirque blanc. «Les di­ri­geants de la FIS en ont dé­ci­dé au­tre­ment, mais mal­heu­reu­se­ment la com­pé­ti­tion n’a pas été égale pour tout le monde», re­gret­tait Do­mi­nik Pa­ris, le grand fa­vo­ri, seule­ment sixième et dé­çu par cette grosse farce de la na­ture.

Vingt-six ans après les Mon­diaux de Mo­rio­ka, la course la plus im­por­tante de la sai­son s’est donc dé­rou­lée, sur un tra­cé rac­cour­ci et un temps d’épou­vante. «J’ai ra­re­ment cou­ru dans des condi­tions pa­reilles avec au­tant de neige sur la trace. On ne voyait rien», s’est ex­cla­mé le Fran­çais Jo­han Cla­rey, mé­daillé d’ar­gent du su­per-g. «Pour moi, ce n’était pas fair-play», a ajou­té Adrien Théaux.

Qua­trième à onze cen­tièmes de Vincent Kriech­mayr, le cham­pion du monde en titre Beat Feuz a éga­le­ment eu de la peine à conte­nir sa dé­cep­tion. C’est la pre­mière fois de l’hi­ver que le Ber­nois ne mon­tait pas sur un po­dium, d’où sa lé­gi­time frus­tra­tion. «On ne pou­vait pas lais­ser cette course de­ve­nir une lo­te­rie alors que c’était la plus im­por­tante de l’an­née. Il n’y a que les trois pre­miers qui rayonnent.» Reste qu’avec deux cham­pions olym­piques et le vain­queur de Wen­gen, le po­dium a, mal­gré tout, fière al­lure.

Alors qu’à Pyeong Chang, Ak­sel-lund Svin­dal avait bat­tu son ami Kje­til Jans­rud, cette fois-ci on a in­ver­sé les rôles. Pour deux cen­tièmes, c’est Kje­til qui se trouve sur la plus haute marche. «Ga­gner ici, c’était comme mar­quer à An­field Road et d’en­tendre la foule hur­ler, a dé­cla­ré ce sup­por­ter des Reds. Avec ce mur de fans aus­si bruyants, c’était l’une des plus belles ar­ri­vées de ma car­rière. Je ne l’ou­blie­rai ja­mais». Après deux mé­dailles d’ar­gent et un titre olym­pique, c’est la pre­mière fois qu’il est pris, à 33 ans, la main dans le sacre aux Mon­diaux. La droite puisque ce dur au mal, qui s’était frac­tu­ré deux doigts à Kitzbü­hel en jan­vier. Il a skié avec un ban­dage. Tout comme Ak­sel-lund, opé­ré de la même main en no­vembre et qui a dé­cro­ché la lune en skiant avec son bâ­ton scot­ché à son gant. Ces ju­meaux, qui s’adorent comme des frères, ne pou­vaient rê­ver d’un plus beau hap­py end pour la der du Roi qui va ti­rer sa ré­vé­rence. «Ma car­rière au­ra été un beau voyage. Cette mé­daille, c’est plus que ce que j’es­pé­rais J’ai at­ten­du ce grand jour avec im­pa­tience. Pour moi les condi­tions étaient égales pour tout le monde. Je vou­lais que la course parte…» For­cé­ment. CHRIS­TIAN MAILLARD, ÅRE

AFP

Une confu­sion in­des­crip­tible.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.