L’UDC joue à «SOS Re­ve­nants» pour les élec­tions fé­dé­rales 2019

Le Matin Dimanche - - SUISSE - AR­THUR GROSJEAN

En Suisse ro­mande, L’UDC fait ap­pel à deux grands brû­lés de la po­li­tique pour un come-back spec­ta­cu­laire. C’est le signe que tout ne s’est pas pas­sé comme pré­vu dans son plan de conquête.

Quand ce­la ne tourne pas rond, il faut faire ap­pel à des per­sonnes car­rées. L’UDC a confir­mé cette se­maine qu’elle avait char­gé l’ex-conseiller d’état va­lai­san Os­kar Frey­sin­ger de me­ner la cam­pagne des élec­tions fé­dé­rales en Suisse ro­mande. Dans le même temps, un autre an­cien conseiller d’état, le Neu­châ­te­lois Yvan Per­rin, re­prend du ser­vice et se pré­sente au Con­seil na­tio­nal. L’UDC joue donc à «SOS Re­ve­nants» en mo­bi­li­sant deux an­ciens vi­ce­pré­si­dents suisses qui avaient don­né une grande vi­si­bi­li­té au par­ti par le pas­sé. Avant de chu­ter bru­ta­le­ment.

On se rap­pelle qu’os­kar Frey­sin­ger s’est brû­lé les ailes au Con­seil d’état va­lai­san. Il a exer­cé quatre ans le pou­voir avant de se faire sanc­tion­ner sè­che­ment par la po­pu­la­tion. Quant à Yvan Per­rin, il n’a ja­mais réus­si à en­dos­ser le cos­tume d’homme d’état en rai­son de ses pro­blèmes d’al­cool, de som­meil et de burn-out. Pour­quoi L’UDC fai­telle ap­pel à ces deux grands brû­lés de la po­li­tique? Di­sons que le par­ti pé­dale un peu dans le yo­ghourt ces der­nières an­nées. Un bou­le­vard s’ou­vrait pour­tant de­vant lui en Suisse ro­mande après l’élec­tion de Guy Par­me­lin au Con­seil fé­dé­ral à la fin de 2015. La par­tie fran­co­phone de L’UDC se no­ta­bi­li­sait en­fin au ni­veau na­tio­nal et ce­la pro­met­tait des re­tom­bées dans les can­tons. Las, il n’en a rien été. L’UDC a per­du des sièges à Ge­nève (–3), dans le can­ton de Vaud (–2), à Berne (–3) et a même vé­cu un trau­ma­tisme à Neu­châ­tel (–11 sièges!). Le par­ti est res­té stable à Fri­bourg et a ga­gné uni­que­ment en Va­lais (+2). Mau­vais bi­lan.

Une re­lève qui a fait pschitt

Au ni­veau suisse, la re­lève au duo Frey­sin­ger-per­rin n’a pas vrai­ment fonc­tion­né. La vice-pré­si­dente Cé­line Amau­druz, qui avait com­men­cé en fan­fare dans la lé­gis­la­ture pré­cé­dente, marque le pas. Son dis­cours trop for­ma­té et sim­pliste manque de per­cus­sion sur le long terme. Le conseiller na­tio­nal ge­ne­vois Yves Ni­deg­ger, qu’on voit par­tout? Il sé­duit par son élo­quence, sa mé­ca­nique in­tel­lec­tuelle et ses traits d’hu­mour per­fides. Mais il a ce cô­té dan­dy dé­ta­ché qui n’al­lume pas le feu au­près de la base. Quant au conseiller na­tio­nal ber­nois Man­fred Büh­ler, il ar­gu­mente de fa­çon so­lide dans les mé­dias mais ne pos­sède pas un cha­risme par­ti­cu­lier.

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