Le PLR surfe sur la vague éco­lo­giste

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Le par­ti veut dé­sor­mais prendre le vi­rage en fa­veur d’une po­li­tique cli­ma­tique plus ef­fi­cace. À quelques mois des fé­dé­rales, ses ad­ver­saires crient à l’op­por­tu­nisme po­li­tique.

Le PLR de­vrait prendre une teinte plus verte, a an­non­cé sa­me­di sa pré­si­dente, Pe­tra Gös­si, à l’oc­ca­sion d’une in­ter­view ac­cor­dée aux jour­naux alé­ma­niques de Ta­me­dia. Le par­ti lance une large consul­ta­tion au­près de ses 12 000 membres afin de connaître les as­pi­ra­tions de la base sur la po­li­tique cli­ma­tique à adop­ter. «Nous vou­lons une po­li­tique cli­ma­tique ef­fi­cace», as­sure-t-elle. Le par­ti est prêt à faire des conces­sions sur la loi sur le CO2, no­tam­ment sur l’in­tro­duc­tion d’une taxe sur les billets d’avion ain­si que l’ins­crip­tion dans le texte d’ob­jec­tifs na­tio­naux.

Un vi­rage à 180 de­grés pour une bonne par­tie de l’opi­nion pu­blique, le PLR étant con­si­dé­ré comme un par­ti peu por­té sur la sau­ve­garde de la pla­nète. Pour la gauche, il est no­tam­ment res­pon­sable, avec L’UDC, de l’échec de­vant le Con­seil na­tio­nal de la loi sur le CO2 de­vant per­mettre à la Suisse de res­pec­ter les en­ga­ge­ments de l’ac­cord de Pa­ris sur le cli­mat. Se­lon l’«eco­ra­ting» des as­so­cia­tions éco­lo­gistes, qui éva­lue chaque an­née les votes des conseillers na­tio­naux, les élus PLR se sont mon­trés à seule­ment 24,9% res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment en 2018. Une ré­pu­ta­tion dont l’écho se re­trouve jusque dans les ma­ni­fes­ta­tions es­tu­dian­tines, comme en té­moigne l’ap­pa­ri­tion de pan­cartes es­tam­pillées «FDP (ndlr: PLR en al­le­mand): Fuck de Pla­net». On vous épargne la tra­duc­tion.

«In­té­res­sant, le PLR ne sou­haite plus nuire à la pro­tec­tion du cli­mat à 7 mois des élec­tions», raille le conseiller na­tio­nal Ro­ger Nord­mann (PS/VD) sur Twit­ter. «C’est l’op­por­tu­nisme à son plus haut ni­veau, et c’est aussi cré­dible que lorsque Pierre Mau­det pré­tend qu’il a pris des va­cances en fa­mille à Abu Dha­bi», ren­ché­rit Fa­bian Mo­li­na (PS/ZH).

Pe­tra Gös­si se dé­fend de toute tac­tique po­li­tique, à l’ins­tar de son vi­ce­pré­sident Phi­lippe Nan­ter­mod (–9,1% à l’eco­ra­ting). «Ce­la va dans la ligne de tout ce qu’on a vo­té jus­qu’à main­te­nant, dé­fend le conseiller na­tio­nal (VS). C’est la gauche qui a fait ca­po­ter la loi sur le CO2. Il est faux de dire qu’elle était vi­dée de sa sub­stance: le texte pré­voyait l’aug­men­ta­tion de la taxe sur l’es­sence à 8 cen­times le litre ou en­core un dou­ble­ment de la taxe sur le car­bone qui au­rait fait d’elle la plus chère du monde. La gauche re­fuse tout com­pro­mis sans pro­po­ser de me­sures concrètes, à l’in­verse du PLR, qui pro­pose de réelles so­lu­tions.»

Du cô­té des Vert’li­bé­raux, Isa­belle Che­val­ley se montre éga­le­ment sur­prise. «Je n’ai ja­mais en­ten­du Pe­tra Gös­si par­ler d’éco­lo­gie, donc je m’en ré­jouis, ré­agit la Vau­doise. Mais je dois ap­por­ter une nuance. Si le groupe au ni­veau fé­dé­ral pose pro­blème, beau­coup de leurs élus can­to­naux pos­sèdent une réelle sen­si­bi­li­té éco­lo­giste.» Isa­belle Che­val­ley pense par exemple à la mi­nistre vau­doise de l’en­vi­ron­ne­ment Jac­que­line de Quat­tro, à l’an­cien conseiller na­tio­nal Yves Ch­ris­ten (PLR/VD), très ac­tif sur les ques­tions d’éner­gies re­nou­ve­lables, ou en­core à plu­sieurs col­lègues de l’as­so­cia­tion qu’elle a créée en 2003, Éco­lo­gie Li­bé­rale. Du cô­té alé­ma­nique, il faut aussi ci­ter le conseiller aux États Rue­di No­ser (PLR/ZH), qui s’est pro­non­cé en fa­veur de l’ini­tia­tive pour les gla­ciers. LU­CIE MONNAT

An­tho­ny Anex/keys­tone

Pe­tra Gös­si veut don­ner une teinte plus verte à son par­ti.

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