FELIX MAGATH

1995-1997 Ham­bourg

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL -

«Ah Felix! On pour­rait en écrire un livre. Avec lui, ça mar­chait à la peur. La peur de ce qui se pas­se­ra si… C’était pu­ni­tion tous les jours. Tu per­dais un pe­tit match à l’en­traî­ne­ment? Tu res­tais pour une séance de plus. Tu pre­nais 300 grammes? Le jour sui­vant, tu ve­nais à 7 h du ma­tin pour les perdre. Il n’y avait au­cune com­mu­ni­ca­tion. Tu joues, tu ne joues pas. Au­cune ex­pli­ca­tion. À la mi-temps, il n’était pas rare qu’il te fasse trois chan­ge­ments alors que le score était de 0-0. Et pen­dant les douze mi­nutes de pause, au lieu de te dire ce qu’il fal­lait amé­lio­rer en deuxième pé­riode, il te des­cen­dait les trois sor­tants. «Ma grand-mère va plus vite que toi», «t’es une merde», «mon grand-père aveugle voit mieux le jeu que toi», etc. Tant qu’on avait des ré­sul­tats, on ne pou­vait rien dire. On de­vait ac­cep­ter – en tout cas à l’époque. Mais quand ça al­lait mois bien, les joueurs n’ac­cep­taient plus. C’est pour ça que Magath n’a ja­mais du­ré dans un club. J’ai tou­te­fois re­te­nu une chose de lui: son sens de l’an­ti­ci­pa­tion. Il était tou­jours en train de s’ima­gi­ner le pire: «Lui, il va tri­cher. Lui, il ne fe­ra pas l’ef­fort. Lui, il n’ira pas au lit.» Il avait tou­jours un coup d’avance. Pour un en­traî­neur, c’est es­sen­tiel.»

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