«La re­crue de Bière avait ou­blié le cran de sû­re­té»

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Le sol­dat bles­sé au pied par une balle a no­tam­ment un nerf sec­tion­né. Le ti­reur conti­nue son école de re­crues comme si de rien n’était.

Le quo­ti­dien alé­ma­nique «Blick» a ré­vé­lé qu’une re­crue avait ti­ré une balle dans le pied d’un ca­ma­rade sur la place d’armes de Bière, le 5 fé­vrier der­nier. Sans s’épan­cher sur l’af­faire, l’ar­mée avait confir­mé l’in­ci­dent tout en as­su­rant que la bles­sure «n’était pas trop grave». Au­jourd’hui, on en sait plus. «Le bles­sé a eu de la chance, ce­la au­rait pu être bien pire, nous as­sure un ha­bi­tué de la ca­serne vau­doise, qui sou­haite tou­te­fois res­ter ano­nyme. La re­crue a ou­blié le cran de sû­re­té et, en vou­lant mettre son fu­sil sur son dos, l’arme s’est cro­chée dans son har­nais. Une balle est par­tie et a tra­ver­sé le pied d’un de ses ca­ma­rades.» Tou­jours se­lon notre source, la vic­time, un Vau­dois de 19 ans, ne souffre d’au­cune lé­sion ma­jeure: «Il a une pe­tite frac­ture et un nerf sec­tion­né. Le jeune homme a per­du un peu de sen­si­bi­li­té dans son gros or­teil, c’est tout. Au­jourd’hui, il se dé­place en bé­quilles mais il va bien.» L’ar­mée, elle, ne confirme pas ces in­for­ma­tions. «La bles­sure de la re­crue peut être qua­li­fiée de lé­gère, nous écrit dans un cour­riel Del­phine Al­le­mand, porte-pa­role de l’ar­mée. Elle a été opé­rée la se­maine der­nière avec suc­cès. Nous ne don­nons pas plus de détail à ce pro­pos.»

Alors que la jus­tice mi­li­taire en­quête pour faire la lu­mière sur le dé­rou­lé des faits, les re­crues im­pli­quées n’ont pas été écar­tées du reste de la troupe. En ef­fet, se­lon nos in­for­ma­tions, le ti­reur, éga­le­ment un Vau­dois de 19 ans, et le bles­sé sont dé­jà de re­tour en ca­serne et pour­suivent leur for­ma­tion comme si de rien n’était. Ce que nous confirme cette fois Del­phine Al­le­mand.

Pour­tant, la porte-pa­role ex­pli­quait il y a quelques jours à nos confrères que l’au­teur du coup de feu était sous le choc et qu’il avait dû être épau­lé psy­cho­lo­gi­que­ment. Tou­jours sous les dra­peaux et dans cet état, ne re­pré­sente-t-il pas un risque pour ses ca­ma­rades et pour lui-même? «La re­crue qui a ti­ré – tout comme son ca­ma­rade – est bien en­tou­rée par les mi­li­taires de car­rière ain­si que par le com­man­dant d’uni­té, nous ga­ran­tit Del­phine Al­le­mand. Toutes les me­sures ont été prises et l’en­ca­dre­ment mé­di­cal est as­su­ré afin de ré­duire les sé­quelles éven­tuelles de cet ac­ci­dent de tir.»

«Un manque de for­ma­tion»

Ces ex­pli­ca­tions ne ras­surent pas notre source. «L’in­ci­dent s’est dé­rou­lé quelques se­maines après le dé­but de l’école de re­crues. Pour moi, ce­la tra­hit un manque évident de for­ma­tion des jeunes sol­dats, qui sont très vite ap­pe­lés à ma­nier une arme.» Pas du tout, ré­torque en sub­stance Del­phine Al­le­mand: «D’une ma­nière gé­né­rale, cet ac­ci­dent est un cas iso­lé. L’ar­mée met tout en oeuvre pour évi­ter les ac­ci­dents.»

De son cô­té, la jus­tice mi­li­taire ne fait au­cun com­men­taire sur l’af­faire. «Nous pour­rons faire le point lorsque l’en­quête se­ra ter­mi­née, d’ici deux ou trois mois peut-être», confie Ma­rio Ca­me­lin, porte-pa­role. AN­TOINE HÜRLIMANN

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