Pour sé­duire un chat, faites-vous dé­si­rer!

Entre chiens et chats La chro­nique des ani­maux do­mes­tiques

Le Matin Dimanche - - NATURE -

Vous avez cer­tai­ne­ment re­mar­qué que les chats sont sou­vent plus at­ti­rés par les gens qui ne les ap­pré­cient pas ou qui en ont peur. Une at­ti­tude pa­ra­doxale, mais ex­pli­cable, se­lon la spé­cia­liste amé­ri­caine Diane Me­ri­we­ther. En fuyant ou en igno­rant un chat, on a en ef­fet da­van­tage de chances de le sé­duire, car, dans le monde des fé­lins, évi­ter de se re­gar­der dans les yeux est per­çu comme une marque de po­li­tesse. De fait, pour sym­pa­thi­ser avec un chat, mieux vaut se li­mi­ter à un re­gard fur­tif, puis l’igno­rer. Il y a alors de bonnes chances qu’il dé­cide de prendre les de­vants en ve­nant vers nous. Hors de ques­tion, tou­te­fois, de se lais­ser al­ler à des ca­resses dès la pre­mière ren­contre. Il convient de se conten­ter de lui tendre la main avec dé­dain pour qu’il puisse la sen­tir, avant de l’igno­rer à nou­veau et de le lais­ser nous re­ni­fler les jambes pen­dant quelques mi­nutes. Main­te­nant qu’il est à nos pieds – au propre, et presque au fi­gu­ré –, vient la phase ca­resse-frus­tra­tion. On laisse glis­ser sa main du som­met de son crâne jus­qu’au bout de sa queue, «et même après, comme si elle conti­nuait sur 8 ou 10 cen­ti­mètres». Une fois en­core, on re­frène ses ar­deurs et on stoppe les ca­resses, his­toire d’at­ti­ser un peu plus son dé­sir et son in­sa­tis­fac­tion. C’est vi­cieux, mais ef­fi­cace! Après quelques mi­nutes, bis repe- ti­ta, mais pas plus de deux ou trois fois. Puis plus rien jus­qu’à la se­conde ren­contre, où il s’agi­ra de lui faire un lé­ger signe de la tête (il se peut qu’il nous imite). On re­pro­duit alors les étapes pré­cé­dem­ment dé­crites, avant de cli­gner lon­gue­ment des yeux dès que nos re­gards se croisent – il faut les fer­mer as­sez long­temps pour lui faire com­prendre qu’il ne s’agit pas d’un simple bat­te­ment, mais pas trop non plus, sans quoi il croi­ra à de la som­no­lence. Le chat de­vrait nous ren­voyer ce cli­gne­ment. Pour un ani­mal de proie comme lui, fer­mer les yeux est un signe de confiance, qui marque le dé­but d’une vraie re­la­tion d’ami­tié. FRÉ­DÉ­RIC REIN

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