À pro­pos de la chro­nique de Quen­tin Mou­ron in­ti­tu­lée «Le mé­tier d’écri­vain», pa­rue le 17 fé­vrier.

Le Matin Dimanche - - OPINIONS -

Comme un ado­les­cent mal dans sa peau, Quen­tin Mou­ron nous fait part de ses états d’âme sur le mé­tier d’écri­vain. En fait, rien de par­ti­cu­lier n’est dit sauf que l’on res­sent chez ce jeune tren­te­naire, qui ma­nie la plume avec ai­sance, un puis­sant be­soin de s’ex­pri­mer. La gloire tarde à ve­nir et l’ai­greur se ma­ni­feste dé­jà. Pour se sen­tir exis­ter, il reste la pro­vo­ca­tion, mais celle-ci est ti­mide en l’oc­cur­rence.

Comme un vieux bris­card, il donne à ses congé­nères des pré­ceptes pour réus­sir dans la vie lit­té­raire. Soit. Ses conseils ne sont va­lables que pour lui. Chaque écri­vain s’ex­prime se­lon son res­sen­ti et ses ca­rac­té­ris­tiques psy­cho­lo­giques. Comme dans tous les sec­teurs de l’ac­ti­vi­té hu­maine, un in­tro­ver­ti peut s’im­po­ser et ce n’est pas Mo­dia­no, le der­nier Fran­çais à avoir re­çu le prix No­bel de lit­té­ra­ture, qui me contre­di­ra. Ce qui est va­lable pour Du­pont ne l’est pas pour Du­rand. On ne peut de­man­der à un noyer de pro­duire des abri­cots.

D’après son ar­gu­men­ta­tion, Quen­tin Mou­ron semble ap­par­te­nir aux «jeunes pre­miers» élus par l’ordre éta­bli et ce n’est pas un pé­ché. Co­ca-co­la ou Mcdo­nald’s de­vraient être ses mé­cènes, puisque in­di­rec­te­ment il re­ven­dique cette phi­lo­so­phie de la consom­ma­tion.

Ayant lu at­ten­ti­ve­ment son ar­ticle, je suis in­ti­me­ment per­sua­dé que Quen­tin Mou­ron vi­vra très bien de sa plume et ce­la ne me dé­plai­rait nul­le­ment. Mais qu’il se rap­pelle que la mé­thode «Mou­ron» n’est va­lable que pour lui. On peut at­teindre la re­con­nais­sance en em­prun­tant d’autres che­mins.

Bonne chance, Quen­tin!

MI­CHEL MORET, ÉDI­TEUR,

VEVEY (VD)

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