Cher Phi­lippe Nan­ter­mod,

Le Matin Dimanche - - CHRONIQUES - Jour­na­liste Pe­ter Ro­thenbüh­ler

Une fois de plus, vous ne man­quez pas de cu­lot. Vous avez dé­po­sé une ini­tia­tive par­le­men­taire de­man­dant que les mé­de­cins soient te­nus d’éta­blir des de­vis et que cette obli­ga­tion soit in­tro­duite dans la loi fé­dé­rale sur l’as­su­rance ma­la­die. Sa­cri­lège! Com­ment peut-il com­pa­rer la re­la­tion du pa­tient avec son mé­de­cin avec celle de l’au­to­mo­bi­liste avec un car­ros­sier, crient-ils. À gauche comme à droite. Pour vous pu­nir, le ciel vous a illi­co en­voyé des cal­culs ré­naux très dou­lou­reux que vous avez dû faire en­le­ver à l’hô­pi­tal. Avec ou sans de­vis? Sans blague: votre idée re­lève du bon sens. Pour­quoi per­sonne n’y a donc pen­sé jus­qu’ici? Je sais com­bien coû­te­ra le coif­feur, le den­tiste m’in­forme du coût à l’avance, pour­quoi ne de­vrais-je pas connaître l’ordre de gran­deur de la fu­ture fac­ture d’une opé­ra­tion à un ge­nou ou à une hanche? Pas be­soin de de­vis pour les ur­gences, évi­dem­ment, je ne sais pas lire dans le co­ma. Mais pour tout ce qui dé­passe l’or­di­naire, pour­quoi pas? C’est res­pon­sa­bi­li­ser un peu plus les pa­tients et leurs mé­de­cins. Si­non, la san­té res­te­ra une sorte de self­ser­vice où l’on se sert à vo­lon­té sans pas­ser à la caisse. Ce qui est peut-être une cause de la hausse des coûts de la san­té. Votre ini­tia­tive a peu de chance de pas­ser, mais au moins elle a le mé­rite de faire ré­flé­chir.

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