L’apnée des tor­tues

Le Matin Dimanche - - SCIENCES -

Comme les écu­reuils, les tor­tues ac­cu­mulent de l’acide as­cor­bique, au­tre­ment dit de la vi­ta­mine C, dans leur cer­veau lors­qu’elles hi­bernent. On sup­pose que la vi­ta­mine C pos­sède un puis­sant ef­fet an­ti­oxy­dant propre à pro­té­ger le cer­veau d’un af­flux bru­tal d’oxy­gène au mo­ment où prend fin la lé­thar­gie hi­ver­nale. En temps nor­mal, les tor­tues res­pirent en in­ha­lant de l’air grâce à leurs pou­mons. Or cer­taines es­pèces passent toute la sai­son froide sans prendre la moindre bouf­fée d’oxy­gène, en­fer­mées sous la glace. Pre­nons les tor­tues géo­gra­phiques, qui s’em­pilent les unes sur les autres au fond d’une ri­vière à l’ar­ri­vée de l’hi­ver. Des ana­lyses de leur sang ont mon­tré que, sans uti­li­ser leurs pou­mons, elles conservent un mode de res­pi­ra­tion uti­li­sant l’oxy­gène (aé­ro­bie). Comme les tor­tues sont in­ac­tives et que leur mé­ta­bo­lisme est alors ra­len­ti par la baisse de leur tem­pé­ra­ture cor­po­relle, elles n’ont be­soin que de peu d’oxy­gène. Mais com­ment font-elles pour ne pas en ab­sor­ber du tout lors de cette im­mer­sion qui peut du­rer six mois? La ques­tion reste ou­verte. On sait que ces tor­tues hi­bernent en al­lon­geant leur tête et leurs pattes sur le fond des cours d’eau, ex­po­sant ain­si leur peau un maxi­mum. Ce qui semble leur per­mettre de cap­ter l’oxy­gène dis­sout dans l’eau.

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