Le nou­veau pré­sident de L’USS veut un bu­reau, ce­la crispe

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Pierre-yves Maillard, fu­tur pré­sident de l’union syn­di­cale suisse, veut être pré­sent dans les lo­caux ber­nois. Tout un dé­bat.

Une chaise, une table, un or­di­na­teur et un té­lé­phone. Voi­là. C’est la de­mande adres­sée par Pierre-yves Maillard à l’union syn­di­cale suisse (USS). Le 3 mai, le conseiller d’état (PS/ VD) vi­de­ra son bu­reau à Lau­sanne. Dès le 6 mai, il pré­si­de­ra of­fi­ciel­le­ment la faî­tière des syn­di­cats. Il a ain­si sol­li­ci­té un en­droit à Berne pour po­ser ses car­tons.

Mais se­lon nos in­for­ma­tions, cette de­mande n’est pas pas­sée in­aper­çue à la Mon­bi­jous­trasse où siège L’USS. Elle a même un peu cris­pé au point de pro­vo­quer le dé­bat. D’abord parce que l’an­cien pré­sident, Paul Rech­stei­ner, tra­vaillait de­puis son of­fi­cine saint-gal­loise. Au­cune place n’est de fait dé­diée au pré­sident.

Mais la re­quête a sur­tout chif­fon­né des col­la­bo­ra­teurs au mo­tif que le pré­sident est là pour s’oc­cu­per de la vi­sion stra­té­gique de l’ac­tion syn­di­cale. «En étant pré­sent à la cen­trale, les gens s’adres­se­ront tout le temps à lui. Il se­ra ra­pi­de­ment ab­sor­bé dans l’opé­ra­tion­nel et ce n’est peut-être pas vrai­ment ce qu’il faut», af­firme l’un d’eux sous cou­vert d’ano­ny­mat.

Pour l’heure, la de­mande du Vau­dois n’a pas en­core pu être concré­ti­sée. «Il y a des ré­no­va­tions en cours dans l’en­semble du bâ­ti­ment. Nous al­lons li­qui­der cer­taines es­paces et dé­pla­cer des bu­reaux. Ce­la prend du temps. Mais il est évident que Pierre-yves Maillard a be­soin d’un bu­reau et qu’on lui en met­tra un à dis­po­si­tion», af­firme néan­moins Tho­mas Zim­mer­mann, porte-pa­role de L’USS.

In­ter­ro­gé sur ce point, Pierre-yves Maillard parle d’un non-su­jet. «Con­trai­re­ment à Paul Rech­stei­ner, j’au­rai un pe­tit es­pace de tra­vail au se­cré­ta­riat. Ce­la a été ac­cep­té et com­pris sans dif­fi­cul­té.» Le so­cia­liste est tou­te­fois bien conscient de ces ré­ac­tions: «Par­tout où j’arrive, il y a ce sou­ci au dé­but. Je l’ai dit lors de ma cam­pagne, je sou­haite m’im­pli­quer dans les en­jeux de dé­ve­lop­pe­ment in­ternes à L’USS. Ce­la a sus­ci­té quelques craintes, c’est nor­mal, on m’a tel­le­ment dé­crit en rou­leau com­pres­seur. Mais c’est un be­soin d’échanges et de proxi­mi­té, pas de pou­voir. En quelques contacts, les choses de­viennent claires et tout se passe bien.»

Cette his­toire d’agen­ce­ment té­moigne en ef­fet sur­tout du chan­ge­ment de style qui at­tend l’union syn­di­cale suisse. Pré­sident sor­tant, l’avo­cat syn­di­ca­liste Paul Rech­stei­ner, ton me­su­ré et dis­cours mo­no­corde, avait pris le rôle de ce­lui qui ac­com­pagne les fé­dé­ra­tions et théo­rise les com­bats à me­ner. Très in­fluent au Pa­lais fé­dé­ral, où il siège de­puis 1986, il est l’homme des com­pro­mis de cou­lisses. Il a éco­no­mi­sé ses coups de gueule pour quelques grandes oc­ca­sions.

Le style de Pierre-yves Maillard s’an­nonce dif­fé­rent. «Ce ne sont pas les grandes en­vo­lées ou les dis­cours qui aident les gens à mieux vivre», an­non­çait-il le jour de son élec­tion, en­cou­ra­geant les fé­dé­ra­tions membres de L’USS à «re­ve­nir dans une lo­gique de ré­sul­tats». LISE BAILAT

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