Jo­sé De­me­trio veut de­ve­nir le roi du bra­ce­let élec­tro­nique

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE - NI­CO­LAS PINGUELY

Une firme ju­ras­sienne a fait de ces ob­jets de sur­veillance sa spé­cia­li­té. Une ving­taine de pays uti­li­se­ront bien­tôt ses pro­duits mis au point au Noir­mont et au parc scien­ti­fique de L’EPFL.

La voi­ture noire roule en di­rec­tion de L’EPFL. L’agen­da de Jo­sé De­me­trio, di­rec­teur gé­né­ral de Geo­sa­tis, est char­gé: le­vée de fonds, ren­dez-vous avec des spé­cia­listes de la re­con­nais­sance fa­ciale, contrats à bout tou­chant avec plu­sieurs pays d’afrique et d’amé­rique du Sud. Pas le temps de souffler. L’unique fa­bri­cant suisse de bra­ce­lets élec­tro­niques de sur­veillance s’est mis tout seul le bou­let au pied. Il as­sume, vo­lu­bile: «S’il est fa­cile de créer une start-up en Suisse, il est plus dé­li­cat de trou­ver du fi­nan­ce­ment pour croître par la suite.»

De l’eu­rope de l’est au Cau­case, en pas­sant par l’afrique et l’amé­rique la­tine, Jo­sé De­me­trio voyage beau­coup. Il pros­pecte, vante son concept, ren­contre des di­ri­geants. «Le bra­ce­let élec­tro­nique per­met de lut­ter contre la sur­po­pu­la­tion car­cé­rale et d’ai­der à la ré­in­ser­tion.» Il a cô­toyé l’an­cien conseiller fé­dé­ral Jo­hann Sch­nei­de­ram­mann lors de ren­contres éco­no­miques à l’étranger. Le qua­dra­gé­naire est un homme cu­rieux, qui s’in­forme des ten­da­na­vec ces et autres avan­cées tech­no­lo­giques: «J’ai fait Tel-aviv et la Si­li­con Val­ley, illustre-t-il. Les em­plois du fu­tur se­ront dans la cy­ber­sé­cu­ri­té, la ro­bo­tique, pas dans la banque ou l’as­su­rance.» Le mec est cash. La Mer­cedes noire est par­quée dans un sous-sol de L’EPFL.

Geo­sa­tis est née au Noir­mont, dans le Ju­ra, en 2011. Lui, l’au­to­di­dacte lau­san­nois, l’an­cien de Sie­mens Se­cu­ri­ty, s’est as­so­cié à l’époque avec deux in­gé­nieurs en élec­tro­nique et en té­lé­com­mu­ni­ca­tion de L’EPFL. Une an­cienne fa­brique de montres leur ser­vi­ra d’écrin. Une qua­ran­taine de per­sonnes s’y ac­tivent au­jourd’hui, spé­cia­listes en lo­gi­ciels et en dé­ve­lop­pe­ment mé­ca­nique et élec­tro­nique. Loin du parc scien­ti­fique de l’école po­ly­tech­nique de Lau­sanne, où la firme em­ploie une di­zaine de per­sonnes pour l’ana­lyse de don­nées et l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. «Un point im­por­tant pour être ca­pable de pré­dire le com­por­te­ment des gens sous sur­veillance», re­lève Re­shad Mous­sa, di­rec­teur tech­no­lo­gique de Geo­sa­tis. Dans les cou­loirs, les in­gé­nieurs en jeans et pulls parlent «code em­bar­qué», «big da­ta» et «ma­chine lear­ning».

Dix-sept gou­ver­ne­ments clients

Le che­min par­cou­ru est impressionnant. Geo­sa­tis four­nit des bra­ce­lets élec­tro­niques, ain­si que les ser­veurs et autres ap­pli­ca­tions né­ces­saires à leur fonc­tion­ne­ment, à dix-sept gou­ver­ne­ments sur l’en­semble du globe. «Ce se­ra bien­tôt vingt clients avec les contrats que nous sommes en train de si­gner», pré­cise Jo­sé De­me­trio. le temps, ces pe­tits an­neaux GPS ri­gides et in­vio­lables sont de­ve­nus ca­pables de pré­ve­nir les éven­tuels com­por­te­ments dé­lic­tueux en dé­clen­chant l’alarme. «Ce­la peut être un chan­ge­ment de par­cours ou l’en­trée dans une zone in­ter­dite, comme se re­trou­ver à proxi­mi­té d’une école pour un dé­lin­quant sexuel ou du do­mi­cile d’une ex lors­qu’il y a de la vio­lence do­mes­tique», ex­plique Re­shad Mous­sa. Pré­cieux bra­ce­let de sur­veillance. «C’est la pri­son 4.0», illustre Jo­sé De­me­trio.

La de­mande est forte. «Notre chiffre d’af­faires va dou­bler cette an­née.» Jo­sé De­me­trio veut avan­cer, faire gran­dir son en­tre­prise. Pour ce faire, il fi­na­lise une nou-

Les bra­ce­lets de sur­veillance de Jo­sé De­me­trio aident à pré­voir les com­por­te­ments dé­lic­tueux grâce à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

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