La botte se­crète du rug­by­man

Au rugby, le bot­teur hé­rite d’une tâche dé­li­cate: il doit ti­rer les pé­na­li­tés et trans­for­mer les es­sais.

Le Matin Dimanche - - SPORT POUR TOUS - TEXTES: UGO CUR­TY ugo.cur­ty @le­ma­tin­di­manche.ch PHOTOS: YVAIN GE­NE­VAY

Face au po­teau, le bu­teur est bien seul. Ses coups de botte dé­cident sou­vent de l’is­sue d’une ren­contre. Gaë­tan Hirsch en sait quelque chose. Lors de la fi­nale du cham­pion­nat en 2016, le Ge­ne­vois a man­qué une pé­na­li­té au bout du temps ré­gle­men­taire. Son malheur a fait le bon­heur des Nyon­nais (22-19), sa­crés cham­pions. «Cette ten­ta­tive, je la re­vois en­core, se sou­vient-il. Le len­de­main, je suis re­tour­né sur le ter­rain et j’ai ti­ré 15 fois du même en­droit. J’en ai pas­sé 13.»

Dans cet exer­cice si par­ti­cu­lier, le men­tal joue un rôle ca­pi­tal. «J’as­si­mi­le­rais ce­la à un lan­cer franc au bas­ket, pour­suit le bot­teur ge­ne­vois. Tu n’as pas d’ad­ver­saire face à toi. Le seul obs­tacle, c’est toi-même.» Avant de s’élan­cer, il s’agit ain­si de faire le vide, d’ou­blier le score ou les élé­ments per­tur­ba­teurs. «Cer­tains sup­por­ters me chambrent, pré­cise, hi­lare, Gaë­tan Hirsch. Tout le monde se connaît dans le mi­lieu en Suisse. Ils es­saient de me dé­sta­bi­li­ser en di­sant que je suis un mau­vais phy­sio ou que je sors trop le soir.»

In­las­sa­ble­ment, il ré­vise ses gammes sous la fine pluie d’un re­pous­sant ma­tin de mars. «C’est vrai qu’il faut être un peu fou pour jouer à ce poste», plai­sante (à moi­tié) notre in­ter­lo­cu­teur. Seule une ré­pé­ti­tion obs­ti­née per­met de domp­ter ce geste, aus­si élé­gant que dé­ci­sif.

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