Le père que je n’ai ja­mais eu

Le Matin Dimanche - - FOOTBALL - Alex Song

Une vie est faite de ren­contres, d’op­por­tu­ni­tés qui se pré­sentent à vous, sans que vous les ayez vrai­ment cher­chées par­fois, ni réel­le­ment pro­vo­quées. Dans mon cas, l’homme qui a chan­gé ma vie est Ar­sène Wen­ger, l’an­cien en­traî­neur d’ar­se­nal bien sûr. Toute ma vie, j’ai chan­gé de culture et j’ai dû m’adap­ter. Je suis pas­sé du Ca­me­roun à Pa­ris, puis à la Corse. En ar­ri­vant en France, j’ai dû vrai­ment faire des ef­forts, mais c’est en pas­sant de Bas­tia à Ar­se­nal, à 17 ans, que je suis vrai­ment en­tré dans le grand monde, sans l’avoir réel­le­ment de­man­dé. Au fi­nal, j’y suis res­té sept ans, y dis­pu­tant plus de 200 matches.

Bien sûr, j’étais fier d’ar­ri­ver à Ar­se­nal, au mi­lieu de tous ces grands joueurs, de tous ces noms pres­ti­gieux, mais d’un autre cô­té, je n’avais pas ma fa­mille au­tour de moi, je dé­bar­quais dans cette im­mense ville qu’est Londres… J’étais ter­ri­fié! Ar­sène Wen­ger a été dur avec moi, mais il a sur­tout été comme un père. Il m’a fa­ci­li­té la vie, il m’a per­mis de me concen­trer uni­que­ment sur le foot­ball et pas sur tous les à-cô­tés. Je lui en se­rai éter­nel­le­ment re­con­nais­sant.

Je vous l’ai dit, je suis res­té sept ans à Ar­se­nal, où je suis de­ve­nu un homme et c’est grâce à Ar­sène Wen­ger. En fait, au bout d’un mo­ment, je n’avais qu’une en­vie: être bon sur le ter­rain pour lui rendre la confiance qu’il me don­nait.

Il m’a trai­té comme son fils, ce qui m’a énor­mé­ment tou­ché à la sor­tie de l’ado­les­cence pour une rai­son par­ti­cu­lière: je n’ai pas eu la chance de con­naître mon père, c’était dif­fi­cile pour moi.

J’ai gran­di sans au­cune fi­gure pa­ter­nelle à la­quelle me rat­ta­cher. C’est peut-être pour ça que la fa­mille est aus­si im­por­tante pour moi au­jourd’hui. En tout cas, si l’on parle de ren­contres, celle avec Ar­sène Wen­ger est l’un des mo­ments forts de ma vie. Ce n’est pas un ha­sard si vous n’en­ten­dez au­cun joueur par­ler en mal de lui, mal­gré toutes les an­nées pas­sées. Au-de­là de ses qua­li­tés tech­niques, c’est un être hu­main de grande va­leur. Il y en a dans le foot­ball. Cette chro­nique est as­su­rée en al­ter­nance par Clint Ca­pe­la,

Ni­co Hi­schier, Wen­dy Hol­de­ner, Mu­jin­ga Kam­bund­ji et Alex Song

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.