À Zer­matt, la ba­taille du rail pro­voque une dé­non­cia­tion

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Poin­tant du doigt un «mo­no­pole fer­ro­viaire illé­gal» entre le vil­lage de Täsch et ce­lui de Zer­matt, un an­cien ac­teur de la sta­tion dé­nonce le Con­seil d’état va­lai­san.

L’en­quête du «Ma­tin Di­manche» sur les mil­lions pro­mis au rail entre Täsch – où il faut aban­don­ner sa voi­ture – et la sta­tion du pied de Cer­vin fait des re­mous. Jürg Bi­ner, an­cien pré­sident de Zer­matt Tou­risme, vient d’adres­ser une dé­non­cia­tion pé­nale au Mi­nis­tère pu­blic va­lai­san. Dans sa mis­sive, il es­time que le Con­seil d’état va­lai­san se rend cou­pable d’abus d’au­to­ri­té en lais­sant per­du­rer «une si­tua­tion illé­gale connue de tous». L’homme fait ré­fé­rence à une con­ven­tion conclue au mi­lieu des an­nées 2000 entre l’état du Va­lais, l’of­fice fé­dé­ral des trans­ports et une en­ti­té de la com­pa­gnie fer­ro­viaire des Mat­te­rhorn Got­thard Bahn. Cette der­nière sti­pule qu’après la construc­tion du grand par­king et du ter­mi­nal fer­ro­viaire de Täsch – ache­vé en 2006 – la ca­pa­ci­té de la route qui re­lie la sta­tion ne peut être aug­men­tée et que l’état doit se li­mi­ter aux seuls tra­vaux d’en­tre­tien et ce jus­qu’en 2031.

Rap­pe­lons que l’ac­cès à Zer­matt par la route est li­mi­té aux seuls ré­si­dents et autres li­vreurs. Pour Jürg Bi­ner, qui s’ap­puie sur un avis de droit ren­du en 2011 qui juge la con­ven­tion illé­gale au mo­tif que la com­mune de Zer­matt n’a pas été en­ten­due, cet ac­cord n’a eu que pour but «de créer un mo­no­pole fer­ro­viaire avec l’aide de sub­ven­tions pu­bliques» et «bloque Zer­matt dans son dé­ve­lop­pe­ment». Il cite, entre autres, une conges­tion ur­baine in­sa­tis­fai­sante et des clients man­quants à cause de l’obs­tacle fi­nan­cier du par­king et du train. Et de rap­pe­ler qu’il n’est pas fa­vo­rable à des voi­tures dans la sta­tion mais jus­qu’à l’en­trée de celle-ci. Si la si­tua­tion ac­tuelle met le feu aux poudres, c’est que les nou­veaux in­ves­tis­se­ments pro­mis dans le rail (300 mil­lions) pour­raient s’ac­com­pa­gner d’une pro­lon­ga­tion de la res­tric­tion sur la route. Et ce­la, la ma­jo­ri­té des dé­fen­seurs de la route ne veulent pas en en­tendre par­ler.

Le Con­seil d’état ne com­mente pas

Jürg Bi­ner en­tre­tient un pas­sé tor­tu­ré avec la sta­tion. Il y pos­sé­dait un hô­tel et avait été condam­né pour ban­que­route frau­du­leuse dans une af­faire qui re­monte à 2009. Mais, au­jourd’hui, il as­sure agir sans ran­cune et pour le res­pect du droit. En jan­vier, il avait dé­jà en vain ten­té de dé­non­cer la si­tua­tion. On lui a ré­tor­qué que c’était à la com­mune de Zer­matt de faire va­loir ses in­té­rêts. Mais il es­time au­jourd’hui que tous ceux qui se rendent dans la sta­tion en font les frais et sont vic­times d’in­jus­tice. Contac­té, le conseiller d’état va­lai­san en charge des trans­ports, Jacques Mel­ly, n’a pas été in­for­mé de cette plainte. «Si ce­la de­vait être le cas, il ne s’ex­pri­me­rait pas, dans la me­sure où une pro­cé­dure se­rait en cours. D’autre part, la jus­tice a dé­jà pro­non­cé une or­don­nance de non-en­trée en ma­tière au su­jet d’une pre­mière plainte dé­po­sée en dé­but d’an­née sur la même ques­tion.» JU­LIEN WICKY

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