Les CFF ne veulent pas cé­der leurs po­li­ciers aux douanes

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

La po­lice des trans­ports pour­rait être in­té­grée au sein du corps des gar­des­fron­tière. Le Con­seil fé­dé­ral abor­de­ra le su­jet ce prin­temps. Un duel ten­du risque d’op­po­ser pro­chai­ne­ment le pa­tron des CFF, An­dreas Meyer, et le com­man­dant du Corps des gar­des­fron­tière, le bri­ga­dier Jürg Noth. Il porte sur un su­jet cru­cial: l’in­té­gra­tion de la po­lice dite des trans­ports au sein de l’ad­mi­nis­tra­tion fé­dé­rale des douanes.

Des col­la­bo­ra­teurs de l’ad­mi­nis­tra­tion fé­dé­rale des douanes, des Of­fices fé­dé­raux des trans­ports et de la po­lice étu­dient ac­tuel­le­ment un tel pro­jet. Ils éla­borent en outre un do­cu­ment de tra­vail sur ce trans­fert de ser­vices, à l’in­ten­tion du Con­seil fé­dé­ral. Ce­lui-ci de­vrait abor­der le su­jet ce prin­temps, comme l’a ré­vé­lé sa­me­di le quo­ti­dien zu­ri­chois «Tages-an­zei­ger».

Du pain bé­nit

Con­crè­te­ment il s’agi­rait de mu­ter 245 col­la­bo­ra­teurs de la po­lice des trans­ports, dont 187 agents ar­més. Soit une aug­men­ta­tion d’en­vi­ron 10% dans les ef­fec­tifs de ga­be­lous. Du pain bé­nit pour le bri­ga­dier Jürg Noth!

L’of­fi­cier sol­li­cite en ef­fet de­puis des an­nées le ren­for­ce­ment de ses troupes, en in­vo­quant no­tam­ment les pres­sions mi­gra­toires et la pré­ven­tion des risques liés au ter­ro­risme. De leur cô­té, les CFF font va­loir leurs propres pré­oc­cu­pa­tions de sé­cu­ri­té: «Une af­fec­ta­tion de la po­lice des trans­ports en de­hors des CFF abou­ti­rait à une dé­té­rio­ra­tion.»

La struc­ture s’avère il est vrai com­plexe. Les agents de la po­lice des trans­ports CFF par­tagent le tra­vail quo­ti­dien avec des confrères du sec­teur pri­vé, em­ployés par Se­cu­ri­tas et Se­cu­ri­trans. Des contrats éta­blissent en outre les condi­tions de coo­pé­ra­tion entre la po­lice des trans­ports et celle de cer­tains can­tons.

«Dès qu’une au­to­ri­té, en de­hors des CFF, pren­dra en charge des tâches de sé­cu­ri­té, la très fine co­or­di­na­tion ac­tuelle, né­ces­saire dans le contexte com­plexe des che­mins de fer, ne se­ra plus pos­sible. Les en­ga­ge­ments de nos agents sont en outre dé­ter­mi­nés par les be­soins de nos clients», pré­cise Chris­tian Gin­sig, porte-pa­role des CFF.

Avant d’être une éven­tuelle so­lu­tion au manque de per­son­nel aux fron­tières, le pro­jet à l’étude im­pose donc de gros dé­fis de for­ma­tion conti­nue. Les uns de­vraient ain­si ap­prendre la sé­cu­ri­té et le main­tien de l’ordre dans les gares et les trains. Les autres de­vraient ap­prendre les contrôles aux douanes et les pa­trouilles vo­lantes.

«Il est évident qu’en cas de trans­fert de la po­lice des trans­ports, nous ne paye­rions plus tous les coûts de for­ma­tion», pré­viennent les CFF. Après les coû­teuses dé­cep­tions liées à la plus grosse com­mande de trains de l’ex-ré­gie fé­dé­rale (59 rames Bom­bar­dier, à 1,9 mil­liard de francs en tout), la mu­ta­tion de 245 agents de sé­cu­ri­té des CFF ne fa­vo­ri­se­rait guère l’apai­se­ment entre la Berne fé­dé­rale et le rail.

PHI­LIPPE RODRIK

«Une af­fec­ta­tion de la po­lice des trans­ports en de­hors des CFF abou­ti­rait à une dé­té­rio­ra­tion», se­lon ces der­niers.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.