Lom­bard Odier ob­tient le graal en ma­tière de du­ra­bi­li­té

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE - NI­CO­LAS PINGUELY

Ce­la rai­sonne comme une ré­com­pense pour le tra­vail ac­com­pli. Lom­bard Odier vient d’ob­te­nir la très res­pec­tée cer­ti­fi­ca­tion B Corp pour ses pra­tiques de du­ra­bi­li­té d’en­tre­prise. La banque pri­vée se re­trouve ain­si à la même table que la très éthique Pa­ta­go­nia, fer de lance du mou­ve­ment B Corp.

Les spé­cia­listes de Lom­bard Odier ont dû re­trous­ser leurs manches. Ob­te­nir cette cer­ti­fi­ca­tion née aux États-unis n’est pas simple. L’éta­blis­se­ment a d’abord été contraint de pas­ser en re­vue l’en­semble des pra­tiques d’en­tre­prises. Plus de 200 cri­tères qu’il a fal­lu au­toé­va­luer. Ces der­niers couvrent les di­men­sions propres à la res­pon­sa­bi­li­té so­ciale des firmes: Les em­ployés et les four­nis­seurs sont-ils cor­rec­te­ment trai­tés? Quelle est l’em­preinte éco­lo­gique du groupe? Les pro­duits fi­nan­ciers ven­dus aux clients sont-ils éthi­que­ment ir­ré­pro­chables? Quelles sont les in­ter­ac­tions avec les com­mu­nau­tés lo­cales?

Dans un deuxième temps, l’équipe de B Lab, so­cié­té à but non lu­cra­tif qui pro­pose la cer­ti­fi­ca­tion, s’est plon­gée dans les ré­ponses. Il a fal­lu vé­ri­fier, de­man­der des pré­ci­sions. Un tra­vail de four­mis avant de li­vrer le pré­cieux sé­same B Corp.

Cette cer­ti­fi­ca­tion au­ra même un im­pact sur les sta­tuts de Lom­bard Odier. Ces der­niers in­tègrent dé­sor­mais noir sur blanc que le groupe doit avoir «un im­pact po­si­tif im­por­tant sur la so­cié­té et l’en­vi­ron­ne­ment, dans le cadre de ses ac­ti­vi­tés com­mer­ciales et opé­ra­tion­nelles». Quelque 2800 en­tre­prises dans 150 in­dus­tries ont re­çu la cer­ti­fi­ca­tion B Corp dans le monde. «Mais Lom­bard Odier est la pre­mière banque de taille à l’ob­te­nir», re­lève Jo­na­than Nor­mand, di­rec­teur de B Lab en Suisse. Seuls quelques ac­teurs fi­nan­ciers de niche peuvent s’en pré­va­loir, no­tam­ment Trio­dos Bank, un éta­blis­se­ment hol­lan­dais très pré­sent en mi­cro­fi­nance à des­ti­na­tion des pays émer­gents.

Lom­bard Odier fait-il of­fice de pion­nier? C’est pro­bable. «Nous sommes en contact avec un éta­blis­se­ment de taille si­mi­laire à Ge­nève», illustre le di­rec­teur. Le mou­ve­ment est pro­fond. Les re­ve­nus fu­turs pour­raient en dé­pendre. La gé­né­ra­tion des mil­len­nials, ces tren­te­naires ayant comme point com­mun de cher­cher une meilleure qua­li­té de vie, en conci­liant tra­vail, écologie et in­té­rêt per­son­nel, dé­tien­draient l’une des clés. «La for­tune glo­bale de cette gé­né­ra­tion de­vrait at­teindre 40

La banque pri­vée ge­ne­voise a re­çu la cer­ti­fi­ca­tion B Corp, qui va­lide ses per­for­mances en­vi­ron­ne­men­tales et so­ciales. Une pre­mière au plan mon­dial pour une banque de cette taille. «Les mil­len­nials in­ves­ti­ront de l’ar­gent dans les en­tre­prises qui les sé­duisent, là où ils pour­raient s’ima­gi­ner tra­vailler» Jo­na­than Nor­mand, di­rec­teur de B Lab en Suisse

tril­lions d’ici à 2030, in­dique-t-il. Et les mil­len­nials in­ves­ti­ront de l’ar­gent dans les en­tre­prises qui les sé­duisent, là où ils pour­raient s’ima­gi­ner tra­vailler.» Mieux vaut donc mon­trer patte verte pour sé­duire les in­ves­tis­seurs et at­ti­rer les meilleurs ta­lents.

Le groupe l’a com­pris. «Lom­bard Odier s’est ré­vé­lé très fort en in­ves­tis­se­ment du­rable et a fait aus­si un su­per score en ma­tière de condi­tions of­fertes aux em­ployés», sou­ligne Jo­na­than Nor­mand. De quoi être po­si­tif pour la suite.

Georges Ca­bre­ra

Le groupe di­ri­gé par Pa­trick Odier construit un nou­veau siège mon­dial se vou­lant à la pointe de l’écologie.

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