Jouer avec le meilleur

Le Matin Dimanche - - CHRONIQUES -

De­puis que j’évo­lue à Hous­ton, la star de l’équipe, c’est James Har­den. Il l’a tou­jours été, mais cette sai­son il a pris une di­men­sion sup­plé­men­taire en­core en réa­li­sant des car­tons très sou­vent. Cette se­maine, il vient de fran­chir la barre des cin­quante uni­tés pour la hui­tième fois de la sai­son avec un match à 61 points ven­dre­di soir. Ré­cem­ment, lorsque j’étais bles­sé, il a at­teint les 30 points par match 32 fois de suite. C’est un ac­com­plis­se­ment in­croyable. Grâce à ses per­for­mances, il a prou­vé, si be­soin était, qu’il est le meilleur joueur of­fen­sif en NBA. Avec plus de 36 points par match, il est loin de­vant le deuxième dans ce clas­se­ment. Ce qui m’im­pres­sionne le plus, pour­tant, c’est sa ca­pa­ci­té à in­clure tout le monde dans le jeu. Le dan­ger, lorsque tu te trouves sur le par­quet avec un tel joueur, c’est d’être le spec­ta­teur de ce qu’il réa­lise. Comme il a très sou­vent la balle, c’est évident que ce se­ra à lui de prendre la grande ma­jo­ri­té des res­pon­sa­bi­li­tés. Mais il sait à quel mo­ment prendre le contrôle du match et à quel mo­ment dé­lé­guer. C’est peut-être cet as­pect le plus in­té­res­sant. Il est le meilleur sco­reur de la ligue mais n’est pas un égoïste dans la prise de dé­ci­sions. Grâce à ce­la, il rend tout le monde meilleur au­tour de lui. Ce n’est d’ailleurs pas un ha­sard s’il en est à plus de sept passes dé­ci­sives par match. Lorsque l’équipe a be­soin d’un pa­nier, on sait qu’il n’y a au­cun moyen de l’ar­rê­ter. Au­cune dé­fense n’y ar­rive. Hon­nê­te­ment, je ne sais pas s’il y a une so­lu­tion. Ce qu’il fait soir après soir, c’est qua­si nor­mal pour lui et c’est peut-être cet as­pect le plus ins­pi­rant. En plus d’être un joueur na­tu­rel­le­ment doué pour mar­quer des points, il a une vraie qua­li­té de passe qui lui per­met de rendre meilleure toute l’équipe. Lorsque j’étais ab­sent, il a dû chan­ger son jeu en se mon­trant un peu moins col­lec­tif pour le bien de l’équipe. Il n’a pas for­cé­ment eu le choix. Ac­tuel­le­ment, nous sommes en train de nous pla­cer en vue des play-off qui dé­butent dans moins d’une ving­taine de matches. En sa­chant que nous pou­vons nous ap­puyer sur le meilleur joueur de la ligue, c’est tout de même un sa­cré avan­tage. Sur­tout que tout le monde a ap­pris à ne pas le lais­ser tout faire tout seul. Cette sai­son, ce­la a d’ailleurs pris un peu de temps, mais je crois que l’équi­libre que nous avons trou­vé est plu­tôt bon.

Cette chro­nique est as­su­rée en al­ter­nance par Clint Ca­pe­la,Ni­co Hi­schier, Wen­dy Hol­de­ner, Mu­jin­ga Kam­bund­ji et Alex Song

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