La ci­ta­dine élec­trique ne craint pas les es­ca­pades

La car­rière de la Re­nault ZOE la dé­signe comme l’une des voi­tures élec­triques les plus pri­sées. Elle pos­sède un pe­tit cô­té mode sé­duc­teur.

Le Matin Dimanche - - AUTO - GIL EGGER

En adop­tant une bat­te­rie plus puis­sante, de 40 kwh, la Re­nault ZOE a ac­quis une au­to­no­mie ras­su­rante. An­non­cée à 300 km en usage cou­rant, elle n’en est pas loin. En hi­ver, on réus­sit à dé­pas­ser en­core 200 km. La pre­mière ques­tion que les cu­rieux posent lors­qu’ils vous voient uti­li­ser une ZOE est bien celle-ci: quelle dis­tance peut-elle fran­chir? La deuxième: com­bien de temps pour re­char­ger? Pour cette der­nière, la ré­ponse doit être pru­dente. Si on ne dis­pose pas d’une borne de re­charge, il faut plus de vingt-quatre heures en cas de bat­te­rie vide. Mais on n’a au­cune ex­cuse de ne pas avoir d’ins­tal­la­tion (sauf si on est jour­na­liste et qu’on ne fait pas ces tra­vaux pour quinze jours de test!), car Re­nault offre la borne aux par­ti­cu­liers. La plus pe­tite fait des­cendre ce temps à 15 heures, un dé­lai qui ne se­ra pas sou­vent né­ces­saire, peu d’usa­gers sont en ef­fet ca­pables d’ar­ri­ver chez eux avec un in­di­ca­teur à zé­ro ki­lo­mètre. D’autres rac­cour­cissent en­core ce dé­lai. Sur les bornes pu­bliques, on a le loi­sir de faire quelques courses, ou de boire un ca­fé, pen­dant que l’au­to ac­cu­mule de quoi fran­chir plu­sieurs di­zaines de ki­lo­mètres.

Louer ou ache­ter la bat­te­rie

La ZOE est pro­po­sée avec lo­ca­tion de la bat­te­rie. Pour pe­tit rou­leur, à sa­voir un maxi­mum de 7500 km par an, ce se­ra 89 fr. par mois. Pour 10 000 km, 99 fr. par mois et pour un ki­lo­mé­trage illi­mi­té 139 fr. Ceux qui dé­si­rent l’ache­ter ver­ront le prix to­tal du vé­hi­cule ma­jo­ré de 10 000 fr. (soit 37 650 fr. pour la ver­sion Li­mi­ted).

Et main­te­nant, rou­lons! Comme toute au­to élec­trique, la ZOE ac­cé­lère fran­che­ment. En mul­ti­pliant les dé­mar­rages ca­non, on in­flue évi­dem­ment sur l’au­to­no­mie. Une touche Eco amor­tit les im­pa­tiences du pied droit et conserve au­tant de cou­rant que pos­sible. Avouons-le, ce n’est guère en­thou­sias­mant en ville, où le tra­fic in­cite à un cer­tain dy­na­misme. Sur d’autres tra­jets, ce­la pro­cure une sen­sa­tion de dou­ceur peu ha­bi­tuelle.

Chan­ger ses ha­bi­tudes

Les pre­miers jours, l’oeil se dé­place constam­ment sur le nombre de ki­lo­mètres res­tants. En­suite, on se dé­tend! Tiens, il faut al­ler à la val­lée de Joux. Un col à fran­chir, une dis­tance sup­plé­men­taire due à un dé- tour in­at­ten­du: comment va se com­por­ter l’au­to? Ex­pé­rience faite deux fois, la mon­tée, sans cher­cher à mé­na­ger la bat­te­rie, fait bais­ser la jauge. Au som­met, la ca­pa­ci­té af­fiche une cen­taine de ki­lo­mètres. En­suite, la des­cente: en an­ti­ci­pant un peu, on uti­lise les freins avec mo­dé­ra­tion, juste en ef­fleu­rant la pé­dale pour aug­men­ter la ré­gé­né­ra­tion et, en bas, on re­monte à plus de 130 km. Se­lon ses ha­bi­tudes de vie, ce­la si­gni­fie que, comme pour une voi­ture à es­sence, on ne va pas «faire le plein» tous les jours. L’usage cou­rant, même in­ten­sif, ne pose au­cun pro­blème.

Sur le plan bud­gé­taire, l’avan­tage d’avoir de quoi bran­cher sa ZOE chez soi se ma­ni­feste sur la fac­ture: les ki­lo­mètres par­cou­rus sont moins chers. Quant à l’en­tre­tien, les mo­teurs élec­triques n’en de­mandent pas! Les freins sont bien moins sol­li­ci­tés, c’est le mo­teur qui ra­len­tit l’au­to en se muant en gé­né­ra­teur. Reste un point à éclair­cir: les voyages au long cours. Pour eux, les ap­pli­ca­tions, em­bar­quées ou sur le smart­phone, donnent toutes les in­di­ca­tions utiles. Avec la mul­ti­pli­ca­tion ef­fré­née des bornes, au­tant en Suisse que dans les pays voi­sins, ce­la ne pose presque plus de pro­blèmes, sauf un: les pauses sont plus longues que les cinq mi­nutes d’un plein d’es­sence.

Le construc­teur fran­çais a vou­lu que le plai­sir fasse par­tie du voyage. Les op­tions de confort sont ac­ces­sibles et rendent la ZOE émi­nem­ment sym­pa­thique. Le Pack Blue­ber­ry, avec sel­le­rie tis­su noir et per­son­na­li­sa­tion de l’in­té­rieur, ne coûte que 250 fr. La pein­ture mé­tal­li­sée, du même nom, 650 fr. Ajou­tez les sièges chauf­fants et la ca­mé­ra de re­cul pour 650 fr., les jantes alu de 17’’ à 400 fr. et… vous res­tez sous les 30 000 fr., 29 600 fr. pour être pré­cis.

Ain­si do­tée, la voi­ture donne un sen­ti­ment de luxe, la planche de bord pos­sède un tou­cher soyeux et les cou­tures ap­pa­rentes sont élé­gantes. Idéale pour la ville par sa taille, elle se per­met des es­ca­pades, en te­nant compte, tou­te­fois, d’une cer­taine étroi­tesse ren­dant la ban­quette ar­rière plus confor­table pour deux que pour trois pas­sa­gers. La mo­bi­li­té élec­trique est en marche, reste à ré­gler les pro­blèmes de res­sources que les bat­te­ries posent.

Pho­tos: Re­nault-dr - G. Egger

La flui­di­té exi­gée par l’aé­ro­dy­na­misme se double d’un ca­rac­tère avant-gar­diste par­fu­mé d’une touche d’élé­gance.

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