L’ex-mi­nistre Ro­se­lyne Ba­che­lot ra­conte Co­ren­tine, sa grand-mère

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE -

Ce sont des amis. Je ne leur ai ja­mais dit, ils ne le savent pas. Pour­quoi est-ce mon se­cret? D’abord parce qu’il n’ap­par­tient pas qu’à moi.

En­fant, vi­viez-vous dé­jà l’his­toire de votre grand-ma­man, sa force, sa ré­si­lience, avec la même fier­té qu’au­jourd’hui?

J’ai tou­jours été ex­trê­me­ment fière d’elle. Ma mère aus­si nous avait lé­gué ça. Elle nous ra­con­tait ces his­toires. Par mon père, je suis aus­si d’ori­gine très mo­deste. Mes pa­rents ne vi­vaient pas l’as­cen­sion so­ciale de ma grand-mère comme quelque chose qu’il fal­lait ca­cher: ils en ti­raient une fier­té lé­gi­time. C’était aus­si l’oc­ca­sion de dire que tout est pos­sible, que per­sonne ne peut se ré­fu­gier der­rière des dif­fi­cul­tés so­ciales pour ne pas es­sayer d’ob­te­nir le meilleur de soi-même.

«J’en­tends des gens par­ler de pauvreté, de la mi­sère, et je me de­mande par­fois s’ils savent ce que c’était que ces mots-là dans une France qui n’est pas si loin­taine»

Née dans une si­tua­tion très pré­caire, connais­sant la faim, Co­ren­tine au­rait-elle fait par­tie des «gi­lets jaunes» d’au­jourd’hui?

Pas du tout. C’est drôle, on me pose sou­vent cette ques­tion, mais je pense que ma grand-mère, c’est le contraire d’un gi­let jaune: c’est quel­qu’un qui ne compte que sur elle-même. Les «gi­lets jaunes» ne de­mandent pas un as­cen­seur so­cial: ils veulent que l’état aug­mente le sa­laire mi­ni­mum. Ma grand-mère était une com­bat-

Lea Cres­pi/pas­co, DR

Ro­se­lyne Ba­che­lot et, sur la vi­gnette en haut à droite, sa grand-ma­man, Co­ren­tine Si­nou.

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